LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Myriam Assebane a créé une plateforme pour les créateurs de produits responsables

Cette amoureuse de la mode et du shopping a pris conscience il y a quelques années des ravages de la «fast fashion», ces vêtements peu chers, qui ne durent pas longtemps, et qui sont pour la plupart jetés et renouvelés à l’infini. La mode est aujourd’hui l’un des secteurs les plus polluants avec des produits fabriqués par des employés très peu payés et pour des marchandises qui traversent le monde. C’est en visionnant le documentaire «The true cost» que Myriam Assebane «prend une claque» et réalise les conséquences de ce secteur. Elle commence alors une grosse remise en question de son mode de vie, d’autant que son emploi de consultante ne la satisfait pas. «J’ai commencé à me renseigner moi-même, j’ai fini par trouver de belles choses, mais elles étaient difficiles à trouver. C’est ainsi que j’ai eu l’idée fin 2017 de regrouper toutes ces marques éthiques sur une même plateforme». Les marques de vêtements éthiques existent alors, mais l’aspect mode n’est pas beaucoup exploité. Elle identifie une centaine de marques susceptibles de toucher les amoureux de la mode, pour ensuite les sensibiliser à l’aspect éthique.

Pour réunir des fonds et surtout se faire connaître, l’entrepreneuse démarre une campagne de crowdfunding, avec un objectif de 6.000 euros, et arrive à lever finalement 7.600 euros, largement de quoi financer la plateforme et la communication. Sur le modèle de marketplace, Byoo Store regroupe les marques sur sa plateforme, en prélevant sa commission, une idée plutôt simple. Mais pas toujours facile de travailler avec des créateurs qui évoluent dans un marché hyper concurrentiel: «Nous nous associons en général avec des jeunes créateurs qui sont en phase de lancement, c’est à dire avec plus ou moins deux ans d’ancienneté». Et puis ce n’est pas le tout d’avoir une plateforme, il faut surtout se démarquer dans la jungle de l’ecommerce: «C’est très concurrentiel, il faut être patient», estime Myriam qui repère essentiellement les marques sur les réseaux sociaux, en étant très attentive au discours et aux labels, «le 100% made in France» ne suffit pas par exemple.

C’est justement le confinement qui a boosté les commandes par internet, Byoo Store a fait son meilleur mois en mai dernier, alors que les boutiques physiques étaient alors fermées. «J’ai pris conscience qu’avec l’impossibilité de faire du shopping physiquement, nous avons un grand pouvoir en tant que consommateur». D’ailleurs, Byoo Store est très transparent sur les origines des produits et des créateurs en se basant sur sept critères éthiques sur la fabrication, les matières premières ainsi que les initiatives dans le domaine.

Mais si la plateforme est avant tout sur la toile, Myriam Assebane a à cœur de mettre en avant les créateurs, et pourquoi pas via des événements, notamment en prévoyant des pop-up stores tous les deux mois environ. Elle a ainsi participé au marché des créateurs, en décembre dernier, qui a permis de faire connaître les vêtements de Byoo Store, qui propose par essence des petites quantités de modèles, puisqu’il ne s’agit pas de grandes marques.

Cette semaine, après les vêtements, Myriam passe à la vitesse supérieure en lançant des produits de beauté et «lifestyle», d’hygiène, de soin, du linge de la maison, de la déco, toujours en respectant la charte éthique que s’est imposée la plateforme. «Je m’étais dit d’abord que ça serait un axe à moyen terme mais il y a finalement beaucoup d’offre et de demande», estime l’entrepreneuse. La finalité bien sûr est de vivre de son projet à plein temps, même si pour le moment Myriam Assebane a gardé son activité professionnelle principale: «Il va falloir du temps pour se faire connaître et combler notre manque de visibilité. Je me suis d’abord focalisée sur le catalogue, il va falloir maintenant se focaliser sur la visibilité». Avez-vous dit déterminée?

byoostore.com