LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Pour UBP, l’année 2014 sera celle du début de la guérison

Imaginez un malade alité à l’hôpital. Autour de lui, une batterie d’appareils et autres perfusions. Ce malade, c’est l’économie et, heureusement pour lui, 2014 sera l’année du début de la guérison, à en croire le Chief Investment Officer de l’Union Bancaire Privée (UBP), Jean-Sylvain Perrig. Premier symptôme de ce rétablissement, le lancement de la réduction du programme d’achat obligataire de la Fed, à l’horizon du mois de mars. Par ce geste symbolique, «la Réserve fédérale américaine entamera la normalisation de sa politique monétaire», explique le CIO. En conséquence, les taux réels vont poursuivre leur hausse. Quant à l’Europe, avec une croissance estimée entre 1% et 1,5% d’ici à la fin 2014, «sa croissance restera sous l’objectif de la BCE mais il n’y aura pas de déflation ni de déflation structurelle», explique l’économiste en chef de l’UBP, Patrice Gautry. Pour ce dernier, «un rebond des investissements des entreprises, qui devrait avoir lieu, sera le rempart contre la déflation.»

Les actions toujours bien positionnées

Et à ce propos, la banque privée suisse anticipe une hausse des bénéfices des entreprises, sur fond d’un retour de la confiance. Voilà le deuxième signe encourageant, déjà visible ces derniers mois puisque le marché d’actions affiche une forme insolente, au détriment du marché obligataire. D’ailleurs, le gestionnaire conseille de favoriser une duration courte. Du côté des entreprises, Jean-Sylvain Perrig n’hésite pas à parler de la «révolution digitale», avec le développement d’innovations et de technologies de rupture. Réseaux sociaux, cloud computing, robotique et impression 3D: voilà qui pourrait contribuer à la guérison du patient, vu les nouvelles méthodes de production induites. «Avec l’impression 3D, on a la possibilité de personnaliser sa consommation à des coûts dérisoires», assure le CIO qui conseille d’ailleurs d’investir dans l’innovation et non dans les matières premières.

Changement de paradigme

Avec cela, on peut parler d’un changement de paradigme tant les repères vont complètement changer. Exit, les actions des marchés émergents. La Chine, par exemple, «pâtit d’un surinvestissement et d’une sous-consommation», pointe Patrice Gautry. À l’inverse, les perspectives d’investissement et de productivité sont au beau fixe pour les États-Unis, et encourageante pour l’Europe et le Japon. Quant à l’or, il reste une valeur refuge qui permet de diversifier son portefeuille.

Au final, les perspectives de croissance des pays développés devraient se situer en moyenne autour des 2%, et de 1,3% en zone euro pour 2014. De quoi permettre au malade d’entamer le processus de guérison, le tout avec prudence. En effet, le risque pourrait venir d’une communication inadaptée ou d’une politique monétaire resserrée un peu trop tôt, tant de la part de la BCE que de la Fed.
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