LUXEMBOURG
PHILIPPE HERKARTH

Avec les beaux jours, prendre son vélo pour se déplacer devient un réflexe assez agréable. Après tout, il est plus rapide de se déplacer de cette façon en ville plutôt que de prendre le bus, ou pire encore, la voiture. Les embouteillages paralysent de plus en plus le centre-ville, et pas seulement aux heures de pointe. Si nous sommes de plus en plus nombreux en deux roues, les chiffres des accidents ne sont pas bons. Sur les trois dernières années, les cyclistes représentent 5% de la mortalité routière au Luxembourg. Au total, 189 cyclistes ont été accidentés sur cette période, dont 4 qui sont morts sur les routes et 58 qui ont été grièvement blessés. Un chiffre qui relève une tendance à la hausse des accidents. Pour la Lëtzebuerger Vëlos-Initiativ, ce sont de mauvais chiffres et le signe qu’il faut renforcer les infrastructures en faveur des usagers du vélo, de plus en plus nombreux.

«Tout mort est un mort de trop, et il est d’autant plus difficile d’accepter ces chiffres car les années précédentes étaient bien meilleures. Cela ne va pas dans le bon sens. Bien sûr, cela s’explique en partie par l’augmentation des cyclistes sur les routes luxembourgeoises, rien que la Ville de Luxembourg a augmenté de 30% de cyclistes ces deux dernières années, c’est beaucoup.

L’arrivée des vélos électrique y est pour beaucoup, et avec cela des usagers qui n’ont pas forcément l’habitude de rouler à vélo, et ces derniers sont logiquement plus vulnérables car ils n’ont pas la carrosserie d’une voiture pour les protéger. Nous ne prônons pas particulièrement l’usage des casques, car même s’ils protègent mieux en cas d’accident, ils ne les évitent pas. Chaque personne doit pouvoir décider de ce qui est le mieux pour elle. Mais les études ont montré par exemple qu’aux Pays-Bas et au Danemark, deux pays où les cyclistes sont très nombreux, le taux d’accident est très bas, alors que personne ou presque ne porte de casque. Dans ces pays, tout est pensé autour du vélo et à la sécurité de ses usagers, c’est primordial selon nous.

Cette électrification du parc de vélos en libre-service est une alternative pour se déplacer plus facilement, les heures de pointe avec les embouteillages qui n’en finissent pas encourage ce phénomène. Mais il faut que les infrastructures suivent pour que les cyclistes soient en sécurité. Pour que les automobilistes soient bien conscients de la présence des vélos sur les routes, il faut une masse critique de cyclistes, ce que nous n’avons pas encore tout à fait atteinte cyclables au Luxembourg.

Parmi les mesures à prendre, il faut créer des infrastructures sécurisées et cohérentes, il y a encore trop de voies qui sont interrompues et où les cyclistes se retrouvent sur des portions de routes parfois dangereuses. Et puis il faudrait pouvoir s’assurer que les pistes cyclables sont toujours là pendant les périodes de travaux, mais en général c’est ce que l’on supprime en premier. C’est notamment le cas dans le quartier de la gare avec les travaux du tram’. Pour autant nous allons dans le bon sens car tous les projets de reconstruction ou de construction de nouveaux quartiers intègrent tous des voies cyclables, ce qui permettra de sécuriser ce mode de transport.

Les campagnes de sensibilisation sont également importantes, il faut qu’il y ait du respect entre tous les usagers qui se partagent la route, c’est important.»