LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

46% des salariés n’ont pas été malades l’an passé

En 2013, les salariés ont en moyenne vécu 2,5 arrêts de travail pour cause de maladie et cela, pendant 8,8 jours par épisode. Le ministre de la Sécurité sociale a présenté ces données hier, en présence de Nicolas Schmit et des partenaires sociaux. Globalement, le taux d’absentéisme s’est stabilisé à 3,7%, avec un écart entre les anciens statuts d’employés (2,9%) et d’ouvriers (4,9%). Le ministère de la Sécurité sociale relève également que les femmes sont généralement un peu plus absentes que les hommes, comptez 4,1% de taux pour les premières et 3,5% pour les seconds. Quant aux frontaliers, ils sont un peu plus nombreux à tomber malades (4%) contre 3,5% pour les résidents.

Dépressions et infections:deux causes majeures

Certaines catégories professionnelles sont par ailleurs plus touchées par l’absentéisme: il a atteint 4,8% dans le secteur de la santé et de l’action sociale, contre 2,2% pour l’information et la communication. En ce qui concerne les absences de longue durée, les dépressions et autres pathologies liées au stress représentent un jour de maladie sur quatre. Cette tendance à la hausse inquiète le ministère, mais il souligne que la croissance est moins forte qu’en 2012, où on était passé de 20% à 23% des jours de maladie liés à ce motif. Du côté des absences de courte durée, un jour de maladie sur trois est dû à des maladies infectieuses et parasitaires. Cela représente une hausse de près de 8% en un an.

Vers un nouveau dispositifde prévention et de contrôle

Globalement, le ministère parle d’«un bon résultat malgré un mauvais départ», dû à un pic des arrêts de travail pour cause de maladie en janvier et surtout en février, où l’absentéisme a atteint les 5%. Et en comparaison avec les pays voisins, le Luxembourg semble épargné puisque l’absentéisme atteint 6,26% en Belgique, 4,9% en Allemagne et 4,53% en France. Des données contestées par Nicolas Henckes de l’UEL, qui parle d’une «comparaison internationale flouée». Il faut dire que la Fedil a récemment émis l’idée d’instaurer un jour de carence pour pallier à l’absentéisme abusif, dont le ministère de la Sécurité sociale évalue le coût à 50 millions d’euros. Nicolas Schmit a rappelé hier que cette mesure ne figure pas dans le programme gouvernemental, qui préfère se concentrer sur une amélioration du contrôle médical. Contrôle, conseil et pistes de nouvelle orientation sont les trois volets du nouveau dispositif qui devrait permettre de mieux prévenir l’absentéisme abusif. Il est aussi question d’étudier la question du stress, qui peut être présent au travail mais aussi dans la vie privée et donc, avoir des conséquences de part et d’autre.

Notons qu’avec 3,7% d’absentéisme, le Luxembourg signe un taux stable après trois années successives d’augmentation. Enfin, si l’absentéisme reste au cœur de la réunion du groupe de haut niveau hier, 46% des salariés n’ont pas été malades l’an passé.