LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Les conditions d’entrée à l’aéroport de Luxembourg vont changer pour les salariés du site

Si pour accéder aux avions stationnés sur le tarmac de lux-Airport une simple carte d’embarquement et une pièce d’identité suffisent, la procédure est naturellement un petit peu plus complexe pour les salariés du site, sécurité oblige.

Dès le 31 juillet, un nouveau règlement grand-ducal entrera en vigueur, a fait savoir lundi François Bausch, ministre de la Mobilité et des Travaux publics. Ainsi, les contrôles préalables à l’embauche de la part de l’employeur vont cesser et laisser place à une vérification opérée par la Police grand-ducale. Si celle-ci s’occupait jusqu’à présent du contrôle des antécédents des personnes nécessitant un accès aux parties situées au-delà de la zone de contrôle, elle va désormais devoir procéder à une vérification ordinaire des antécédents puis à une vérification renforcée dont la validité sera d’un an contre cinq ans précédemment.

De Bruxelles à Luxembourg

«Nous n’avons pas le choix, c’est un règlement d’exécution», a commenté lundi devant la presse François Bausch au sujet de de ce changement. Il trouve en effet son origine dans un règlement de la Commission européenne datant de janvier dernier qui fixe notamment le contrôle des antécédents des personnes travaillant dans les zones de sûreté à accès réglementé de l’aéroport.

Il s’agit aussi bien des agents de contrôle pour la sécurité mais aussi du personnel d’entretien, des salariés en place dans les restaurants et boutiques, ou encore des personnes en charge de la manutention des bagages et des avions.

«Nous estimons que 10.000 personnes sont concernées par an», a avancé Christian Steichen, directeur de l’unité de la police de l’aéroport au sein de la Police Grand-ducale. Car outre les quelque 300 salariés employés directement par lux-Airport, encore faut-il prendre en compte les intérimaires et les travailleurs occupés par les sous-traitants et exploitants de services dans l’infrastructure. Celle-ci ne se limite pas aux terminaux A et B mais concerne aussi le terminal d’aviation d’affaires et les centres dédiés aux vols cargo.

Actuellement, la Police Grand-ducale évalue à 3.500 le nombre de vérifications réalisées chaque année. Sa charge de travail va donc considérablement s’alourdir mais François Bausch temporise: «Cela a été calculé dans le supplément d’effectifs» qui a été annoncé la semaine dernière. 607 nouveaux policiers sont en effet appelés à grossir les rangs de l’institution d’ici à 2022, ce qui représente une hausse des effectifs de 28,9%. En outre, 240 civils sont également annoncés.

Le règlement apporte un autre changement de taille: c’est désormais le ministre en charge de la Police grand-ducale qui prend les décisions relatives à la vérification des antécédents sur avis de la Police grand-ducale. Celle-ci est responsable de la vérification des antécédents, du contrôle d’accès et d’inspection/filtrage à l’aéroport de Luxembourg, précise le projet de loi luxembourgeois.

Concrètement, dès ce 31 juillet, le contrôle préalable à l’embauche cessera. Toutes les personnes ayant subi uniquement ce contrôle préalable à l’embauche devront donc faire l’objet d’une vérification des antécédents et ceci, au plus tard le 30 juin 2020.

La vérification ordinaire des antécédents sera à renouveler tous les trois ans au plus tard tandis que le délai sera ramené à douze mois pour la procédure renforcée. A noter enfin que le coup d’œil au casier judiciaire ne sera possible que si le verdict rendu par la justice est définitif. En l’absence de verdict définitif, «la police devra apprécier au regard des faits», a fait savoir Christian Steichen.