LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

L’ALFI a lancé mardi sa conférence dédiée au capital-investissement et à l’immobilier

Tous les professionnels du secteur se sont donnés rendez-vous mardi à l’European Convention Center pour une conférence de deux jours. Il faut dire que l’«ALFI PE & RE Conference» (PE pour «private equity», capital-investissement, et RE pour «real estate», l’immobilier) fait partie des temps forts de l’Association luxembourgeoise des fonds d’investissement.

Et l’organiser sur deux jours est aujourd’hui d’autant plus pertinent, a souligné sa présidente, Corinne Lamesch: «La part des PE et RE a été multipliée par trois en l’espace de dix ans, cela vaut largement la peine d’y consacrer un événement sur deux jours». De 3,2 trillions, les PE et RE sont passés à 8,8 cette année, et la croissance du secteur ne s’arrête pas là puisque d’ici 2023, le capital-investissement va de nouveau tripler.

Les PE et RE ont désormais dépassé les fonds UCITS

Une aubaine pour les investisseurs qui espèrent plus de rendement en cette période de vache maigre, estime la présidente de l’ALFI qui a de quoi se pencher sur le phénomène puisque les PE et RE ont désormais dépassé les fonds UCITS qui ont longtemps été le fer de lance du Luxembourg. Si bien que le secteur a été défini comme l’une des priorités de l’ALFI: «N’oublions pas la finance durable qui accélère les fonds alternatifs qui sont au coeur de cette tendance», note Corinne Lamesch.

Evidemment, Luxembourg a tous les atouts pour se placer en tant que leader dans cette tendance, une thématique qui a également fait l’objet d’une conférence au cours de la journée. Les professionnels du secteur se sont aussi penchés sur les dernières nouveautés technologiques, ainsi que des témoignages d’opérations de capital-investissement en Chine, une grosse tendance également. Lors de son keynote, Felix Haldner, associé chez Partners Group, a souligné que le secteur PE et RE surpasse les marchés alors qu’aujourd’hui «beaucoup d’argent est disponible, c’est une période de “dry powder”», un effet des taux très bas voire négatifs qui influencent les marchés.

Son entreprise gère 90 milliards d’actifs PE et RE, soit pour les PE des société évaluées entre 500 millions et 3 milliards d’euros. «Pour que la classe d’actifs progresse, il faut deux facteurs: être dans le bon secteur, mais aussi créer de la valeur. Nous aidons et assistons les entreprises pour y arriver», estime-t-il. C’est notamment le cas du groupe français Foncia, spécialiste de l’immobilier. «Nous avons acheté et intégré des petits magasins, 94 acquisitions à la fin 2018, nous sommes en pleine transformation digitale dans un milieu gouverné par le papier. Nous sommes en train de passer au tout tablette», explique Felix Haldner.

www.alfi.lu