LUXEMBOURG
LAURENT SIMEONI

Il est loin le temps de la prise de conscience pour l’investissement socialement responsable en Europe. L’utilisation des critères ESG (critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) dans la gestion d’actifs fait actuellement l’objet d’une reconnaissance globale qui dépasse la simple sphère financière.

Pour preuve la récente adhésion de l’ABBL aux Principes pour un système bancaire responsable de l’ UNEP FI (L’Initiative financière du Programme des Nations unies pour l’environnement).

On voit bien que l’investissement socialement responsable a atteint une maturité qui en fait la prochaine norme. On peut parier sans trop de risque que dans cinq ans, la grande majorité des gérants de fonds européens auront adopté des critères ESG.

Longtemps à la traîne des Anglo-Saxons sur la question, l’Europe semble avoir pris la mesure des enjeux, notamment vis à vis de la nouvelle génération des «Millenials» qui recherchent des investissements correspondant plus à leurs valeurs.

En effet, on évalue à plus de 3.000 milliards de dollars, la somme qui sera transférée des «baby-boomers» à la génération «Millenials» ou à leurs frères et soeurs aînés, la génération Y, au cours des 20 prochaines années.

Comprendre comment cette jeune génération va investir a récemment permis le développement de stratégies visant à répondre aux résultats que les jeunes souhaitent obtenir de leurs investissements. A ce titre, ce qu’on appelle désormais l’«Impact Investing» suscite beaucoup d’intérêt en Europe.

Plutôt que de chercher à éviter d’investir dans des entreprises qui ont un impact négatif, par exemple sur l’empreinte carbone, l’«Impact Investing» cherche à générer un impact social ou environnemental mesurable et bénéfique en plus du rendement financier attendu.  C’est cette philosophie d’investissement qui passionne et finalement attire le portefeuille des jeunes actifs «Millenials».  Des études montrent en effet que le pourcentage des «Millenials» ayant investi dans l’«Impact Investing» a quasi doublé entre 2015 et 2017.

Là où les «baby-boomers» n’étaient pas toujours convaincus, les «Millenials» ont une approche résolument active. Ces nouveaux investisseurs veulent vérifier l’impact de leurs investissements et plus uniquement punir les pollueurs.

On pourrait aller jusqu’à affirmer que pour cette nouvelle génération, investir se rapprochera d’une sorte d’activisme. On observe cet activisme et les changements liés dans bon nombre de domaines de notre société.

C’est cette génération qui remet en question l’usage des plastiques, pousse pour plus d’énergies renouvelables, le recyclage des vêtements et les nouveaux moyens de transports moins polluants.

De nos jours, les marques et les employeurs préférés de cette jeune génération doivent leur succès commercial à leur engagement.

De ce fait, les leaders d’hier pourraient bien être les perdants de demain s’ils ne sont pas capables de s’adapter à cette tendance de fonds.

Au final, les marchés qui attendaient une énième révolution technologique pourraient bien avoir droit à une vraie évolution sociétale.  

Photo: ING - Lëtzebuerger Journal
Photo: ING
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En conversion

ING est présente au Luxembourg depuis 1960 et emploie 800 salariés. La banque a choisi de faire évoluer sa philosophie de gestion et a déjà converti son fonds obligataire ING Aria European Bonds en un fonds ING Aria Sustainable Bond. Ses fonds de trackers ING Aria Global Index Portfolio seront entièrement ESG d’ici quelque semaines. Il en sera de même dans les prochains mois pour les fonds de fonds phares ING Aria Lion qui sont en cours de basculement. La tendance devrait se confirmer dans les prochaines années. www.ing.lu