LUXEMBOURG
CHRISTOPHE HEBTING

L’épidémie de rougeole déclarée le 10 juin dernier en République démocratique du Congo (RDC) a infecté plus de 145.000 personnes et provoqué plus de 2.700 décès. L‘organisation médicale humanitaire «Médecins Sans Frontières» parle d’une «épidémie meurtrière qui se propage comme une traînée de poudre». Pour lutter contre cette maladie virale extrêmement contagieuse, il faudrait intensifier l’action dès maintenant, souligne MSF.

«L’épidémie de rougeole déclarée le 10 juin dernier est la plus meurtrière que la République démocratique du Congo (RDC) ait connue depuis 2011. Entre janvier et début août 2019, elle a infecté plus de 145.000 personnes et entraîné 2.758 morts. Malgré l’ampleur de l’épidémie, il y a un manque alarmant d’acteurs et de fonds pour répondre à cette crise. Avec seulement 2,5 millions de dollars mobilisés sur les 8,9 millions requis pour le plan de réponse du Cluster Santé, le contraste est frappant avec l’épidémie d’Ebola à l’Est du pays, qui attire de multiples organisations et des centaines de millions de dollars.

MSF combat l’épidémie à travers ses projets réguliers et des interventions d’urgence dans treize provinces du pays, aux côtés des équipes locales du ministère de la Santé. Depuis le début de l’année, les équipes MSF ont vacciné 474.863 enfants de 6 à 59 mois, et pris en charge médicalement 27.439 patients.

La stratégie que nous utilisons pour combattre l’épidémie de rougeole en RDC, c’est celle du coup de poing. Cela veut dire qu’on ne va pas nécessairement vacciner des zones entières, mais on va choisir spécifiquement les zones qui sont les plus touchées, là aussi où il y a le plus de morts, le plus de cas et celles qui ont un risque de propagation. Il faut savoir que la rougeole est une maladie potentiellement mortelle et qu’elle est extrêmement contagieuse. Quand on observe la propagation d’une telle épidémie dans une zone, il faut parvenir à vacciner le plus rapidement possible, même si cette zone est difficilement accessible.

Plus récemment, MSF a déployé ses équipes dans de nouvelles zones, comme la province du Mai-Ndombe, à l’Ouest de la RDC. Une équipe d’urgence y intervient pour limiter l’expansion de l’épidémie dans les zones de santé situées le long de la rivière Kasaï: Kwamouth, Bolobo et Nioki. Mise en place pour être mobile et agile, l’équipe  se déplace continuellement. Cela permet d’adapter la réponse et d’atteindre les populations dans les zones reculées difficiles d’accès.

Néanmoins, à moins d’une mobilisation massive de fonds et d’acteurs, cette crise pourrait empirer davantage. Deux mois après avoir été déclarée officiellement, l’épidémie ne montre pas de signes de ralentissement. Dès lors, si nous voulons maîtriser cette épidémie, il est impératif de renforcer la réponse dès maintenant.»