METZFABRICE BARBIAN

Rencontre avec Jean-Luc Bohl, le président de Metz Métropole, maire de Montigny-lès-Metz et conseiller régional de Lorraine

Les problèmes financiers de la communauté d’agglomération, les investissements futurs à Metz, l’avenir de la base aérienne 128… Jean-Luc Bohl, le président de Metz Métropole passe en revue quelques-uns des dossiers d’actualité de la capitale mosellane. Petit tour d’horizon.

«Dans un contexte de crise et avec des dotations de l’Etat en baisse, nous avons tenu à investir dans des projets importants et nécessaires pour l’avenir de notre territoire comme le Mettis (transport public de l’agglomération), par exemple. Tout cela nous a effectivement fragilisés sur le plan financier et nous devons désormais réaliser des économies. L’objectif est de réduire de 7% notre budget de fonctionnement», indique Jean-Luc Bohl, le président de la communauté d’agglomération de Metz Métropole mais également maire de Montigny-lès-Metz et conseiller régional de Lorraine. Les comptes de l’agglomération sont effectivement dans le rouge et à défaut d’augmenter la fiscalité (ce qui n’est pas exclu) ou d’opérer des coupes franches dans certains budgets, l’heure est donc aux économies tous azimuts afin de redresser la barre.

Car pas question, non plus, de revoir les investissements à la baisse. Metz Métropole continuera à assumer ses engagements financiers envers le Centre Pompidou-Metz ou le Mettis, par exemple. Elle mettra également la main à la poche (10 millions d’euros) pour que se fasse le Centre des Congrès . «Metz a gagné en attractivité ces dernières années, ce n’est pas maintenant qu’il faut relâcher notre effort», affirme le président Bohl qui souligne volontiers que les investisseurs privés impliqués dans des structures comme le centre commercial Muse (en création, 300 millions d’investissement) ou bien encore le projet d’hôtel signé Philippe Starck, n’investiraient pas à Metz s’ils n’étaient pas certains que ces opérations rapporteront de l’argent.

Des atouts à faire valoir

Face à la presse dans le cadre d’un petit-déjeuner propice aux échanges, Jean-Luc Bohl a également passé en revue quelques-uns des grands dossiers de l’actualité locale. Sur la fusion de l’Alsace, de la Champagne-Ardenne et de la Lorraine qui composent désormais la Grande Région ALCA, il se veut optimiste quant à la place de Metz dans ce nouvel ensemble. «Sur le plan économique, il nous faudra nous appuyer sur le Sillon Lorrain et notamment sur Metz Métropole, pour assurer une dynamique économique et une cohérence territoriale. La Vallée européenne des matériaux ou l’économie numérique (le Sillon Lorrain a déposé une candidature au label French Tech, une initiative nationale visant à fédérer l’ensemble des acteurs de l’économie numérique ndlr), sont, par exemple, des outils sur lesquels nous pouvons capitaliser. A nous de ne pas laisser les autres tout décider pour nous», souligne l’élu. «Personnellement, je fonde d’ailleurs beaucoup d’espoir sur l’économie numérique. Nous affichons des atouts en la matière et la proximité du Luxembourg est une chance, dans ce domaine aussi (des acteurs luxembourgeois sont impliqués dans la demande de labellisation French Tech ndlr)». Optimisme de rigueur également en ce qui concerne l’avenir du projet Alzette-Belval (pôle d’emploi, d’habitat et d’activités lancé à la frontière franco-luxembourgeoise) et le futur de la base aérienne (BA) 128 et de ses 380 hectares de terrains, situés aux portes de Metz et laissés libres suite au départ de l’armée dans le cadre du plan de restructuration de la Défense.

Au-delà du départ de 4.000 militaires, la ville a d’ailleurs dû également subir ceux liés à l’abandon du projet Ecomouv dont le siège était installé sur la BA 128. «C’est une zone d’avenir. Nous travaillons sur différents projets: création d’un pôle sportif, l’installation d’un agrobiopole, zone artisanale… Et ce ne sont là que quelques exemples. L’ambition est avant tout de favoriser la création d’emplois», précise Jean-Luc Bohl, la base aérienne étant en passe d’être cédée à Metz Métropole.

«On ne négocie pas avec le FN»

A quelques semaines des élections départementales, Jean-Luc Bohl confirme qu’il n’est pas candidat mais qu’il le sera aux régionales programmées en fin d’année. Et si le Front National est susceptible de jouer un rôle important dans les élections à venir, la position de Jean-Luc Bohl (UDI) est sans équivoque. «Il n’est pas question de tergiverser: on ne négocie pas avec le FN. S’il faut voter pour un candidat socialiste pour barrer la route au FN, je le ferai», affirme le président de Metz Métropole tout en invitant les partis républicains à renouer le dialogue avec les Français.