LUXEMBOURG
ANNE DAMIANI

Quand internet modifie nos relations amoureuses, même lors de la séparation

Votre rupture est encore fraiche et vous scrutez attentivement les réseaux sociaux de votre ex. Pire, vous demandez à votre meilleur(e) ami(e) de regarder sa story Instagram pour éviter que votre ancien(ne) amoureux(se) ne voie que vous l’épiez. Et vous êtes ainsi rassuré(e) car il ou elle ne vous a pas encore remplacé(e). Si cette vérification vous soulage sur le coup, elle est en fait très mauvaise pour votre santé mentale.

Dans le cadre de la campagne «Love stories 4.0 - Quelle est ton histoire?», Bee Secure a publié la semaine dernière son quatrième et dernier dossier thématique. Il se consacre à la rupture et soulève les difficultés supplémentaires causées par les réseaux sociaux lorsque les couples se séparent. Modes de rupture différents, prise de distance compliquée, mauvaise acceptation de la situation… faciliter la communication n’est pas toujours une bonne chose.

Séparation textuelle

Si la rupture par message ou par téléphone est généralement considérée comme «lâche» ou «sale», elle reste acceptable pour 15% des personnes interrogées lors d’une étude allemande. Ce taux s’élève même à 26% chez les 16-29 ans. 36% d’entre eux l’ont déjà fait au moins une fois et 25% admettent avoir déjà reçu ce genre de message. Mais ils soulignent l’importance du contexte, comme une relation à distance, le refus du (de la) partenaire d’en parler ou la volonté commune de se séparer.

Bee Secure rappelle que si la distance diminue l’intensité émotionnelle d’une rupture, elle peut souvent conduire à beaucoup de non-dits. Ce qui rend l’acceptation d’autant plus difficile. «Il est donc important de parler des causes de la séparation pour éviter les malentendus et les incertitudes. Une rupture sans explication claire peut inciter la personne à examiner le profil et les activités de son ex sur les réseaux sociaux, en quête des raisons de la séparation. Prendre émotionnellement ses distances est alors encore plus compliqué», indique le dossier.

Passer à autre chose

Une fois la rupture consommée, il faut faire son deuil de la relation. Mais les réseaux sociaux peuvent empêcher cette étape de se passer correctement. Entre les photos de moments passés ensemble, les conversations et le contenu du profil, pas facile d’oublier son ex. Selon une étude, 90% des sondés reconnaissent avoir recherché des informations sur leur ex après la rupture. Même si l’on supprime son ancien(ne) partenaire de sa liste d’amis et qu’on le bloque, le risque de toujours voir son contenu par l’intermédiaire d’un(e) ami(e) commun(e) subsiste.

«Pour la personne quittée, le fil d’actualité de l’ex peut devenir une véritable torture. La présence et la disponibilité constante d’informations sur l’autre complique le détachement émotionnel et retarde le processus d’adaptation à la vie sans le ou la partenaire», précise le dossier. Plus une personne souffre de la rupture, plus elle a tendance à observer son ex-partenaire sur Internet, ou même à le/la surveiller. Tristesse, colère ou doute peuvent alors retarder la disparition des sentiments et le chagrin d’amour. La prise de distance s’avère plus compliquée.

Par ailleurs, il a été démontré que plus les personnes consultent le profil de leur ex après une rupture, plus elles risquent de se sentir déprimées. Tant que cela dure, elles ne se donnent pas la possibilité d’accepter la situation et de prendre un nouveau départ. C’est encore plus pénible lorsqu’elles likent et commentent les publications et photos de leur ex pour attirer leur attention, en espérant pouvoir ainsi sauver leur relation.

Rupture virtuelle

Si la séparation s’est décidée d’un commun accord ou si elle n’était pas trop douloureuse, l’idéal est de choisir ensemble la manière dont la rupture virtuelle sera gérée. Se bloquer ou se retirer mutuellement de sa liste d’amis, rester amis, changer sa situation amoureuse en même temps, rédiger une publication commune pour annoncer la rupture à ses connaissances… les possibilités sont multiples.

Pour l’annonce sur les réseaux sociaux, il existe aussi différentes façons. Certains s’épanchent et recherchent le soutien d’amis. D’autres veulent montrer qu’ils vont bien après la rupture. L’important est de publier avec bienveillance en restant respectueux envers l’ex-partenaire.

En ce qui concerne les souvenirs, on peut choisir de les détruire ou de les conserver. Il est bénéfique de s’en détacher quelques temps. Bee Secure propose par exemple de «sauvegarder les photos communes sur une clé USB, puis de la laisser disparaître au fond d’un tiroir».Le service rappelle qu’il existe également des applications qui conservent toutes les informations et qui les rendent à nouveau accessibles après un certain laps de temps. Pour gérer une rupture, le mieux est encore de se couper d’internet et de se recentrer sur des rapports sociaux réels. Sortir avec ses amis ou pratiquer un de ses hobbys restent les meilleurs remèdes.