LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Pictet fête cette année ses 30 ans de présence au Grand-Duché

Pas de gâteau ni de bougies pour marquer les 30 ans de présence de Pictet au Luxembourg, mais une rencontre entre la presse et son administrateur délégué Pierre Etienne. Un menu simple, à l’image du groupe bancaire qui s’est toujours tenu à l’écart des activités de trading, de crédit ou encore d’investment banking. «Cela nous a permis de traverser les crises», assure celui qui dirige l’entité luxembourgeoise depuis neuf ans déjà. «La crise de 2008 a redonné ses lettres de noblesse au modèle de la banque privée suisse basée sur les fondamentaux». Un message vraisemblablement reçu par les agences de notation puisque les ratings du groupe demeurent inchangés depuis 2005.

Fonds, banque privée et banque dépositaire: voilà les trois lignes de métier de ce groupe fondé en Suisse en 1805 et piloté par un collège de sept associés. «En deux siècles, il y a eu moins d’associés chez Pictet que de présidents des Etats-Unis», résume Frank Renggli, directeur de la communication du groupe basé à Genève.

Le Luxembourg, une adresse qui compte

Si la Suisse reste évidemment le berceau de l’entreprise, le Luxembourg est sa deuxième plus grande implantation avec quelque 640 salariés. 450 d’entre eux évoluent au Kirchberg tandis que 190 sont à Belval, répartis entre des plateaux de la Tour rouge et les bureaux de Pictet Technologies, qui développe des solutions informatiques pour l’ensemble du groupe.

«Nous cherchons une solution plus pérenne», admet l’administrateur délégué qui constate qu’«on n’a jamais anticipé suffisamment la croissance» du groupe. Celui-ci voudrait rapprocher ses salariés du Kirchberg et avoir suffisamment de place pour les nouvelles recrues. Elles étaient 60 l’an dernier et déjà une cinquantaine sur les onze premiers mois de cette année. «Nous sommes clairement dans une stratégie d’expansion», assure Pierre Etienne qui insiste sur la croissance «purement organique» du groupe.

Celui-ci a posé ses valises en 1989 au Luxembourg dans une maison de maître située à Belair. A l’origine, ses activités se limitaient à l’administration de fonds mais elles se sont intensifiées avec l’ouverture de cinq filiales en Europe et une autre à Hong Kong. Aujourd’hui, Pictet est présent au Luxembourg avec une banque, trois sociétés de gestion, une activité d’assurance-vie et Pictet Technologies.

Affinités culturelles et linguistiques, stabilité du cadre politique et situation centrale sont autant d’éléments qui penchent en faveur du Grand-Duché, assure le groupe helvète qui revendique quelque 490 milliards d’euros d’actifs sous gestion au 30 juin 2019. Dans le détail, les actifs sous administration dans les fonds s’élèvent à 260 milliards d’euros, les dépôts de la clientèle privée et des fonds à 200 milliards d’euros et la banque privée affiche 45 milliards d’euros d’actifs environ.

«Tous les paramètres sont au vert», assure Pierre Etienne au sujet des activités luxembourgeoises de Pictet. «Mais cela présuppose une Europe institutionnelle avec peu de freins». Pictet n’a à ce jour pas relocalisé ses activités londoniennes dans la foulée du Brexit, selon son responsable. «Ce qu’il faut espérer avec le Brexit, c’est que ce ne soit pas le premier domino d’un jeu de dominos», nuance-t-il. La prudence fait résolument partie de la ligne de conduite de Pictet.


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