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CATHERINE KURZAWA

Ses revenus ont progressé de 5% mais la cadence va ralentir en 2015

Les chiffres de l’exercice 2014 ont de quoi donner le tournis mais SES garde les pieds sur terre. L’an dernier, l’opérateur de satellites a enregistré un bénéfice net de 600,8 millions d’euros soit 6% de plus qu’en 2013. Quant au chiffre d’affaires, il s’élève à 1,9 milliard d’euros soit une progression de 3%. Cette performance est surtout due au marché européen qui a lui seul pèse 53% des revenus du groupe. Entre la vente de huit répéteurs à son concurrent Eutelsat et la signature de nombreux contrats dans la télédiffusion vidéo, l’exercice a aussi été marqué par la préparation du lancement commercial de la télévision Ultra haute définition (Ultra HD). «Ce sera certainement un relais très important de croissance pour nous en 2016», a commenté hier le directeur commercial Ferdinand Kayser. En 2014, les revenus de SES pour l’Europe ont décollé de 9,1%, signant là sa meilleure performance locale et cela, «bien que ce soit un marché mature», souligne son président et CEO Karim Michel Sabbagh. En Amérique du Nord, les revenus ont chuté de 13,5% dans un mouvement de baisse des renouvellements de contrats et de réduction de l’activité de la part des clients institutionnels. Mais le groupe prévient: sa filiale SES Governement Solutions a remporté des contrats à long terme au second semestre dont la contribution sur les revenus du groupe est attendue à partir de cette année. Par ailleurs, SES a profité de la demande croissante de connectivité satellitaire en vol pour faire affaire avec deux fournisseurs d’accès à Internet haut débit aux compagnies aériennes. Dans le reste du monde, SES a vu ses revenus augmenter de 8,3% et l’année a été marquée par de nouveaux contrats et surtout la mise en orbite d’Astra 5B et Astra 2G.

Des relais de croissance

À eux deux, ils ont renforcé la capacité de l’opérateur avec 31 nouveaux répéteurs et en portant le total de la flotte à 54 satellites. L’année 2015 devrait être plus calme avec seulement un seul lancement prévu, celui de SES-9 et ses 53 répéteurs. Le groupe compte donc surtout sur la commercialisation des capacités existantes dans les prochains mois pour générer une croissance de ses revenus, attendue autour de 1% à taux de change constants contre 4% en 2014. Autre moteur de croissance, les services fournis par les filiales du groupe qui permettent d’«offrir des solutions toutes faites et de se différencier de la concurrence», appuie Karim Michel Sabbagh. L’an dernier, ce segment a vu ses revenus bondir de 12,2% à 179,9 millions d’euros. Pour le reste, SES compte accroître sa participation dans l’opérateur O3b, actuellement détenu à 45%. Au vu de l’agenda, l’année 2016 devrait être plus chargée avec le lancement prévu de deux satellites avant 2017 et ses quatre engins programmés. En intégrant les lancements de 2014, ces opérations vont permettre de doper la capacité de SES de 211 répéteurs, dont 174 opèreront sur le segment international en particulier les pays émergents. Et entre 2015 et 2019, le total des investissements du groupe s’élève à 2,6 milliards d’euros. Au Luxembourg, il emploie 450 de ses 1.200 salariés et fournit des services à plus d’un milliard de personnes dans le monde.


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