LUXEMBOURG
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Les attentats à Paris de janvier 2015, point de départ d’une vague jihadiste sans précédent en France

Il est 11.20 ce mercredi matin, 7 janvier 2015. Au siège du journal satirique «Charlie Hebdo», 10, rue Nicolas-Appert, dans le 11e arrondissement de Paris, près du métro Richard-Lenoir, des coups de feu éclatent. Frédéric Boisseau, collaborateur d’une société d’entretien externe meurt sur le coup. Les deux agresseurs cagoulés et armés de kalashnikovs, qui avaient contraint auparavant la dessinatrice Coco de leur ouvrir la porte, se dirigent vers la salle de rédaction, où les journalistes et dessinateurs sont rassemblés pour leur conférence de rédaction hebdomadaire. Ils ouvrent le feu en criant «Allahou akbar» - «Dieu est grand».

Les dessinateurs Cabu, Charb, Honoré, Tignous et Wolinski, l’économiste Bernard Maris, la psychanalyste Elsa Cayat, le correcteur Mustapha Ourrad, le journaliste Michel Renaud, cofondateur du festival Rendez-vous du carnet de voyage et le policier Franck Brinsolaro, chargé de la protection de Charb, tombent sous les balles.

Les assaillants prennent ensuite la fuite en criant: «On a vengé le prophète Mohamed! On a tué Charlie Hebdo!».

En sortant du bâtiment pour s’enfuir à bord de leur voiture, les terroristes, les frères Chérif et Saïd Kouachi, qui se réclament d’al-Qaida, assassinent froidement le policier Ahmed Merabet, en patrouille dans le quartier. Les assaillants - dont le complice Amedy Coulibaly qui assassine le jour suivant une policière et le lendemain quatre clients de confession juive dans un hypermarché cacher Porte de Vincennes - mourront deux jours plus tard dans un échange de feu avec le GIGN, l’unité spéciale de la gendarmerie, dans l’imprimerie aus sein de laquelle ils s’étaient retranchés au Nord de Paris. Coulibaly est lui aussi tué par les forces de l’ordre.

L’«esprit Charlie»

En France et dans le monde, l’émotion est immense. Au Luxembourg, les premières nouvelles du drame à Paris atterrissent sur les portables alors que se tient la traditionnelle réception du ministre des médias, Xavier Bettel, au Musée National d’Histoire et d’Art. Quelques moments auparavant avait été rendu hommage aux 66 journalistes morts en 2014 dans l’exercice de leur métier.

Au nom de la liberté d’expression, un cri de ralliement naît: «Je suis Charlie». En France, quelque 100.000 personnes sortent dans la rue en brandissant des pancartes avec cet appel, au Luxembourg, des centaines de personnes manifestent pour la liberté d’expression devant la Chambre des Députés. Plusieurs cérémonies de recueillement auront lieu au Grand-Duché dans les jours suivants.

Le dimanche 11 janvier, ce sont plusieurs millions de personnes qui descendent dans les rues pour reprendre «Je suis Charlie». A Paris, c’est la marée humaine place de la République. Le président François Hollande réunit 50 chefs d’État dans la capitale pour une marche historique.

Ce ne sera malheureusement que le début d’une année noire, très noire pour la France et pour le monde alors qu’une vague d’attentats jihadistes fait des centaines de morts. Le plus sanglant attentat frappe de nouveau Paris: dans la soirée du 13 novembre, trois commandos coordonnent des attentats au Stade de France, dans des bars et restaurants de l’Est parisien et au Bataclan. Bilan: 130 morts.

Au Luxembourg, le 8 janvier 2015, manifestation pour la liberté d‘expression
Photo: Editpress - Lëtzebuerger Journal
Au Luxembourg, le 8 janvier 2015, manifestation pour la liberté d‘expression Photo: Editpress
La maison Editpress affiche sa solidarité avec «Charlie Hebdo» à son  quartier général d’Esch-sur-Alzette
Photo: Editpress - Lëtzebuerger Journal
La maison Editpress affiche sa solidarité avec «Charlie Hebdo» à son quartier général d’Esch-sur-Alzette Photo: Editpress