LUXEMBOURG
LARISSA BEST

Les investisseurs ont bien trop souvent le même profil. Comme pour le reste du monde professionnel, Larissa Best plaide pour que les investisseurs soient aussi divers, pour qu’ils soutiennent des projets selon leur expérience ou leurs compétences. D’après la présidente du LBAN, tout le monde va y gagner.

«Commençons avec la notion du choix. Un choix, vous êtes certes d’accord, est important pour se sentir libre en tant que citoyen et consommateur. Parfois, si on est devant le rayon de céréales, on a l’impression qu’on a peut-être trop de choix. Mais souvent, si on prend les billets d’avion par exemple, plus de choix est bien pour le consommateur.

Mais ce choix vient d’où finalement? Il vient de la possibilité de créer des produits ou services dans des secteurs où les profits sont intéressants et il y a un potentiel pour s’établir. Donc, on a besoin de nouvelles entreprises qui nous créent plus de choix. Ces entreprises par contre doivent trouver un moyen pour se financer. La plupart d’entre nous, a besoin d’aides, de subsides, de prêt ou d’investisseurs pour faire grandir une entreprise et concurrencer le marché existant. Les aides et subsides étant limités, les prêts difficiles à obtenir sans garantie, il incombe aux investisseurs ou business angels de jouer un rôle important dans la création d’entreprise, et donc du choix.

Revenons au choix. En tant que société qui cherche un investissement ou de l’argent tout court, il est souhaitable d’avoir plus de choix de financements. C’est même essentiel d’en avoir. Plus de banques, plus compétitifs sont les prêts et le même est vrai pour les business angels. Un business angel a son expertise, ses compétences mais aussi ses préférences personnelles dans quel secteur elle ou il aimerait investir. Donc, si on veut créer plus de choix pour les consommateurs, il nous faut plus de diversité chez les investisseurs qui aident à créer plus d’entreprises.

Mais qu’est-ce que ça veut dire la diversité? Est-ce qu’on parle de femmes et de hommes? Ou est-ce que la diversité ne devrait pas plutôt inclure plus que juste le sexe mais aussi l’âge, la culture, les secteurs etc? Une société, au moins au Luxembourg, est composée d’une panoplie de différentes personnalités et préférences ou besoins de consommation. Ceci peut constituer le fameux avantage compétitif pour une start-up dont elle a besoin pour avoir du succès sur le marché. Un produit destiné à la “grey economy” est mieux conçu et a donc plus de chance de réussite si dans la phase de conception, l’audience ciblée, fait partie des discussions et même de la création. Convaincre un ou plusieurs investisseurs du potentiel de la solution créée est plus simple si la solution a un impact direct sur eux.

Créons donc plus de choix et de valeur en augmentant la diversité dans les rangs des investisseurs et ceci inclut bien sûr les premiers investisseurs, donc les business angels.»