LUXEMBOURG
NICO PLEIMLING

Miss Kittin sort un nouvel album avec 23 morceaux

Caroline Hervé, que l’on connaît mieux sous son pseudo Miss Kittin va sortir le 19 avril son nouvel opus studio «Calling from the stars». La D.J. star de la scène techno originaire de Grenoble est née en 1973 et fait partie depuis plusieurs années des artistes réputés à l’étranger. On se rappelle bien de sa prestation en 2005 à la Rockhal et de son concert avec The Hacker, en 2009 dans la même salle.

La D.J. qui s’accompagne elle-même au microphone lors de ses sets a écrit tous les titres de son nouveau double CD - qui sortira d’ailleurs aussi en quadruple vinyle avec un disque qui contient des inédits - à l’exception de la reprise de «Everybody hurts» des incontournables REM. Sur le disque ambitieux et éclectique on retrouve à la fois son amour pour l’électro-pop émotionnelle ainsi que ses influences plutôt «ambient».
Six ans après le disque «BatBox» vous sortez enfin le nouvel album solo «Calling from the stars». Pourquoi cette longue pause?

MISS KITTIN Il n’y a jamais de raison. On va en studio quand on a des choses à dire. Parfois c’est 3 morceaux en une semaine puis plus rien en 3 mois. C’est comme ça. Au début, ce n’était que des démos pour démarrer un travail plus abouti, mais mon ami producteur Pascal Gabriel (cf. Batbox) m’a dit que c’était parfait ainsi. Puis, quelques mois plus tard, j’ai décidé de joindre d’autres morceaux dans une veine plus «electronica» que j’avais en stock. C’est devenu ce double album. Certains titres ont déjà quatre ou cinq ans mais ça n’a pas d’importance.

Du coup, sort donc un double CD, voire un quadruple vinyle. S’agit-il d’une sorte de compensation pour avoir fait attendre les fans pendant plusieurs années?

KITTIN Pas du tout; les gens savent bien que je ne sors pas des albums tous les ans. Mais ça tombe très bien d’arriver avec autant de matériel dans une période où tout le monde ne jure que par les maxis. Si les albums ne se vendent plus c’est bien la faute des artistes en premier lieu.

Quels sont les nouveaux éléments stylistiques présents sur cet album?

KITTIN C’est un style dépouillé, dans la production d’abord parce que j’ai tout fait toute seule (sauf trois ou quatre morceaux) et que j’ai des moyens techniques limités, mais aussi dans l’écriture parce qu’avec l’expérience, je voulais arriver à m’exprimer le plus directement possible, sans métaphores.

Y a-t-il une sorte de fil rouge sur «Calling from the stars»?

KITTIN Le mystique, la quête d’absolu, de réalisation de soi, les rites de passage.

Comment voyez-vous l’évolution actuelle de la musique électronique?

KITTIN Elle est arrivée dans les stades. Le D.J. est devenu banal. Tout le monde peut mixer, se pointer avec des clés USB en achetant des Play List entières sur les plateformes. Je ne vois pas ce que je peux faire de plus dans ce domaine. Il n’y a plus de challenge. Par contre, dans l’écriture, j’ai l’ambition d’amener la pop musique plus loin, la légitimer dans le domaine du «songwriting» pur. Et là il y a une autoroute devant nous. Donc pour moi, la musique électronique ne se passe plus dans les clubs ni dans les soirées.

Avec la reprise de «Everybody hurts» des gigantesques REM sur ce disque, n’avez-vous pas eu peur d’échouer avec ce projet?

KITTIN Ce morceau ne devait jamais sortir. Je l’avais fait pour moi, après ma rencontre fortuite avec Michael Stipe dans un restaurant. C’était en souvenir de ce moment. Je l’ai fait une nuit, comme une berceuse, avec une boite à rythme et un synthé. En chantant les paroles, j’ai réalisé à quel point on avait oublié leur puissance, perdue en devenant un classique. C’est une formidable déclaration d’amour à l’amitié, à mes amis. Depuis, Michael l’a entendue, il m’a félicitée et voulait que je sorte cette reprise.

Comment se fera la promotion de ce nouvel opus?

KITTIN En live. Enfin. Un live solo sans mon frère musical The Hacker. C’est difficile sans lui, mais je l’envisage comme une responsabilité incontournable après 20 ans de carrière, une sorte de mégamix, pour ensuite partir dans une autre direction, loin du D.J.-ing.

Est-ce qu’il y a des projets de transférer votre matériel dans un vrai contexte live, voire avec des musiciens?

KITTIN Il n’y aura pas de musiciens, c’est impossible, j’ai fait cet album toute seule, ça ne sonnerait pas vrai.

On aura la chance de vous revoir bientôt sur une scène luxembourgeoise?

KITTIN J’espère, je pars sur les routes pour un bon moment.

Quels sont les grands projets que vous voulez aborder dans les douze mois à venir?

KITTIN Ah, la vie est pleine de surprises...

www.misskittin.com