CATHERINE KURZAWA

Après l’émotion, place aux questions. L’attentat perpétré mercredi contre la rédaction de «Charlie Hebdo» est visiblement le fruit d’un travail bien préparé du côté des terroristes. Matériel de pointe, sang-froid, détermination: tous les ingrédients étaient réunis pour faire de leur acte un véritable carnage. Face à eux, la rédaction de l’hebdomadaire satirique évoluait dans un dispositif de protection depuis des années. C’est la raison pour laquelle elle avait déménagé à plusieurs reprises et que deux dessinateurs et le directeur de la rédaction vivaient sous protection policière. Ils étaient en permanence accompagnés d’un agent chargé de veiller à leur sécurité. Pourtant, les dessinateurs et les policiers n’ont pas fait le poids face aux terroristes lourdement armés. Hier était journée de deuil national en France. Dimanche aura lieu un grand rassemblement à Paris. Mais une fois toutes ces marques d’émotion et de sympathie dissipées, les autorités devront tirer les leçons de ces attentats. Ne faudrait-il pas mieux préparer voire équiper les agents chargés de pareille mission? Certes, le piège des extrêmes est tentant et en venir, comme aux États-Unis, à armer un simple gardien de parc comme s’il était membre d’une unité d’élite est sans doute disproportionné. Mais entourer des personnalités menacées depuis 2006 de simples agents en civil apparaît tout aussi disproportionné. C’est clair: le mal est fait et on ne peut plus revenir en arrière. Mais chaque tragédie, quelle qu’elle soit, génère des enseignements. Après le 11 septembre 2001, les contrôles de sécurité dans les avions ont été renforcés partout dans le monde. Après le Tsunami en Asie du sud-est, des dispositifs d’alerte ont été instaurés dans les zones à risque. Après les attentats de Londres en 2005, les installations de vidéosurveillance en rue ont été démultipliées partout sur le globe. Clairement, des mesures devront être prises prochainement. Il y aura un «après Charlie», c’est certain. Mais le temps presse et gare aux débordements. Dans la nuit de mercredi à jeudi, des attaques ont été perpétrées à l’encontre de plusieurs mosquées un peu partout en France. Hier matin, une fusillade a éclaté aux portes de Paris et une jeune policière est décédée. Cet acte qualifié de terroriste présente de nombreux points communs avec l’attaque contre l’hebdomadaire satirique: un auteur lourdement armé, des forces de police qui ne font pas le poids et une traque au fuyard lancée dans tout l’Hexagone. Bref, qu’il s’agisse de vengeance ou de mimétisme, il règne en France un vent de folie qu’il convient de canaliser au plus vite. La tristesse ambiante reflète certes le poids de la perte de ces douze innocents et l’atteinte portée à la liberté de la presse. Il n’empêche, l’émotion ne doit pas entraîner la population dans une tempête de haine et de violence. Aussi vrai que l’on apprend des lacunes du passé, il convient à présent de prendre le recul nécessaire pour analyser la situation dans son ensemble et prendre des mesures pour prévenir d’éventuels nouveaux actes. Maintenant que les projecteurs sont braqués sur les filières jihadistes, la tentation est d’autant plus forte pour qu’elles se fassent entendre. Voilà pourquoi il y a urgence. La balle est désormais dans le camp des responsables politiques.

Trotz des Attentats am vergangenen Mittwoch hat die Redaktion von Charlie Hebdo beschlossen, an diesem Mittwoch eine Ausgabe heraus zu bringen, inklusive neuen Mohammed-Karikaturen. Finden Sie das gut?

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