LUXEMBOURG
ANNE DAMIANI

Le projet Interreg pour une meilleure alimentation étudie le terrain

Manger mieux et local, c’est la volonté de plus en plus de consommateurs. En avril 2018, le programme Interreg VA Grande Région, qui soutient des projets de coopération transfrontalière, a lancé le projet Aroma (Approvisionnement régional organisé pour une meilleure alimentation). Il a pour objectif d’«améliorer l’approvisionnement de la Restauration Hors Domicile en denrées alimentaires locales et de qualité». Un peu plus d’un après, Interreg fait part de son avancement. Cela passe notamment par la création d’emplois non délocalisables, la mise en réseau des acteurs à l’échelle transfrontalière, le développement de nouveaux marchés pour les producteurs locaux, l’autonomie de la décision au niveau local et plus globalement une meilleure alimentation.

Terrain à l’étude

Pour mener Aroma à bien, il faut étudier le terrain. Les partenaires du projet, en particulier les Universités de Trèves, de Lorraine et du Luxembourg, finalisent une étude permettant d’obtenir un panorama de la demande. Celle-ci s’intéresse par exemple au nombre de repas servis et aux lieux, au prix que les acheteurs sont prêts à payer ainsi qu’à leurs attentes. L’étude estime ainsi à 342 millions le nombre de repas servis chaque année, dont 41% dans les entreprises, 32% dans les écoles et universités et 17% en maisons de retraite.

Les habitants consomment majoritairement des féculents, des légumes et des fruits. Cela permettra ensuite aux acheteurs en restauration collective, restaurateurs et épiciers de connaître leurs clients, de s’y adapter ou de prendre conscience du potentiel des filières de proximité. L’étude répertorie donc les productions agricoles de la Grande Région, qui se concentrent majoritairement autour des céréales, du lait et des pommes de terre. Une seconde étude en cours vise à observer, d’un point de vue sociologique, agronomique et économique, les systèmes déjà existants d’approvisionnement de la Restauration hors Domicile. Interreg pourra ensuite déterminer les conditions favorables à l’approvisionnement et définir les outils nécessaires à déployer dans l’organisation Aroma.

Rencontre avec les acteurs

Grâce à ces études et au colloque de lancement, Interreg rencontrent des acteurs de la chaîne de production lors de différents séminaires et foires agricoles. Le but est aussi de les sensibiliser aux avantages des circuits de proximité. Leur mobilisation favorisera leur intégration au projet en testant des outils facilitateurs pour la vente ou l’achat local. Pour les aider dans cette démarche, un premier «guide pratique de la commercialisation transfrontalière» a été créé. Augmenter leur part de commercialisation dans les circuits de proximité et travailler en transfrontalier peuvent représenter un atout économique important dans leurs exploitations.

Le guide traite des problématiques sanitaires, fiscales, de transport, de commercialisation auxquelles peuvent faire face les agriculteurs ou les transformateurs. Un second «guide, à destination des acheteurs de la Restauration Hors Domicile», est en cours d’élaboration. Il contiendra notamment un argumentaire pour lever les freins face à l’achat local et des informations sur la façon de s’approvisionner au plus proche.

Pour rappel, le projet est subventionné par le Feder (Fonds européen pour le développement economique régional) et cofinancé par les collectivités locales et nationales comme la Région Wallonne, la Région Grand Est, l’Etat français à travers le programme national pour l’alimentation et le ministère de l’Environnement, du climat et du développement durable du Grand-Duché du Luxembourg. 20 partenaires, originaires des quatre pays, sont engagés. Le conseil départemental de Meurthe-et-Moselle en est le chef de file.