LUXEMBOURG
CHARLES GOERENS

Le député européen Charles Goerens prend position sur le rôle de l’Union Européenne dans la crise du covid-19.

«Pour se faire une idée objective sur le rôle de l’UE en ces temps de crise, il ne faut surtout pas se limiter aux messages émanant des cellules de désinformation qui pulullent sur les réseaux sociaux. Les maîtres de l’infox vont continuer à polluer le débat en cours. N’attendons rien de constructif de leur part. Leur objectif, c’est la désintégration de l’UE.

D’aucuns affirment que l’Europe, devenue trop discrète, serait devenue une marque qui ne fait plus vendre. A tort, car les mesures annoncées et déjà partiellement enclenchées par les autorités européennes se situent à la hauteur de la crise économique et sociale actuelle. La réponse sanitaire à la pandémie, par contre, relève quasi exclusivement de la compétence des États membres, voire de leurs régions.

Rappelons que le rachat par la Banque Centrale Européenne de créances à hauteur de 750 milliards, des crédits d’une valeur de 240 milliards offerts par le Système Monétaire européen, un montant à peu près du même ordre annoncé par la Banque Européenne d’Investissement, le programme SURE doté de 100 milliards visant à atténuer la tension sur le marché de l’emploi, au total, dépassent d’ores et déjà les mille milliards d’euros engagés par l’UE.

Ajoutons qu’une majorité de 400 députés européens, dont 5 membres luxembourgeois, s’est forgée autour d’un plan de relance économique invitant la Commission à faire preuve de détermination dans la confection du RECOVERY PLAN que lui a confiée le Conseil européen. Sa publication est imminente. Au PE, heureusement, une majorité a réussi à dégager une ligne politique au terme d’âpres négociations. C’est grâce à elle que des mesures audacieuses pourront passer la barre des 353 votes requis pour adopter les textes législatifs afférents si le Conseil de l’Union, bien entendu, est prêt à s’y rallier.

Pour ce qui est de l’atteinte aux droits fondamentaux, celle-ci porte un nom: Victor Orban. Les fermetures de frontières, quant à elles, sont étroitement associées à des acteurs politiques comme Kurz ou Seehofer notamment. L’UE n’y est pour rien. A force de répéter sans cesse les mêmes déclarations erronées celles-ci ne deviennent pas plus crédibles pour autant.

En réalité, l’UE, comme souvent en temps de crise grave, se ressaisit et s’engage résolument sur le chemin de la responsabilité. Si ses recettes pour la période post COVID n’ont pas de prix, elles ont néanmoins un coût. Ce coût va accompagner les adolescents d’aujourd’hui jusqu’à leur “midlife crisis”. Nous allons devoir le payer pour garantir aux générations futures une vie dans des sociétés ouvertes, prospères, libres, tolérantes et solidaires.

Ce coût, aussi exorbitant qu’il puisse paraître, est à mettre en relation avec le coût que pourraient générer les idées des fossoyeurs de l’intégration européenne. Outre la ruine économique et la précarité sociale, ils offrent, en prime, un pouvoir sans contrepouvoirs, une justice à la botte des autocrates, une presse muselée et le déclin de notre continent.»