LUXEMBOURG
CLAUDE KARGER

Le 16ième ACA Insurance Day a fait le point sur les chances et défis du quatrième pilier de la place

Un chiffre d’affaires de 32 milliards d’euros, des provisions techniques de 160 milliards d’euros: le secteur des assurances au Luxembourg se porte plutôt bien dans une période marquée par une conjoncture qui n’est pas des plus favorables. Mais, a pointé Marc Lauer, le président de l’Association des Compagnies d’Assurances et de Réassurances du Luxembourg en ouverture de la séance académique de la seizième édition du ACA Insurance Day, d’énormes défis attendent ce quatrième pilier de la place financière. Ce pilier, qui s’est développé au cours des dernières décennies grâce à la création du marché unique de l’assurance, mais aussi grâce à l’engagement de Victor Rod, qui s’apprête à quitter la direction du Commissariat aux Assurances pour sa retraite après 35 années passées au sein de l’autorité de surveillance du secteur. Les assureurs réunis au Centre de Conférences du Kirchbarg n’ont pas manqué de lui rendre hommage hier soir, notamment par une longue «standing ovation».

De lourdes charges à prévoir

Rod est aussi le personnage clé dans la mise en oeuvre au Luxembourg de la nouvelle directive Solvabilité II qui régira à l‘avenir le secteur des assurances. Un secteur qui devra évidemment supporter les coûts de cette nouvelle réglementation, estimés par Marc Lauer à quelque 20 millions d‘euros (récurrents) par an. Rajoutez à cela les 45 millions d‘euros que coûtera au secteur l‘échange automatique d‘informations sur les revenus et 12 millions d‘euros en raison de l‘augmentation de la TVA: on se rapprocherait de 20% des bénéfices générés par les compagnies d‘assurances en un an.

Et le président de l‘ACA d‘en appeler au Ministre des Finances d‘aider le secteur à supporter ces charges qui ne pourront être répercutées sur les clients. Mais Marc Lauer en a également appelé au gouvernement de veiller à élargir le champ des bénéficiaires d‘assurances prévoyance vieillesse complémentaires. Fonctionnaires et indépendants en sont exclus pour l‘instant.

Gramegna: la transparence à l’international

«Vous pouvez compter sur le soutien du gouvernement pour mettre en musique les directives», a promis Pierre Gramegna qui s‘est attardé plus longuement sur les perspectives de croissance de l‘économie, les efforts d‘assainissement des finances publiques, mais aussi les chances pour le secteur des assurances dont les produits conformes à la charia intéresseraient beaucoup des investisseurs du Moyen-Orient. Actualité oblige, le Ministre des Finances s‘est également attardé sur les attaques dont fait l‘objet le Grand-Duché en ce moment en raison des rulings fiscaux.

En soulignant les efforts faits par le Luxembourg au niveau de la transparence fiscale. Le Grand-Duché serait à présent parmi les premiers pays à adopter de nouveaux standards de transparence.

Or, il faudrait que ces normes soient adoptées à travers le monde. Le «keynote speaker» de la soirée, l’économiste Bruno Colmant, connu notamment au Grand-Duché pour avoir dirigé ING Luxembourg pendant trois ans, a livré par la suite à l’audience bien fournie son analyse de la politique monétaire et des taux d’intérêt de la Banque Centrale Européenne. Un autre sujet qui ne manque pas de préoccuper le secteur des assurances.