LUXEMBOURG
NICOLE IKUKU

Fondée en 1969, à la sortie de l’ère de la colonisation, par un groupe d’étudiants luxembourgeois bénévoles, l’Action Solidarité Tiers Monde (ASTM) s’engage dès ses débuts et en tant que premier mouvement non caritatif au Luxembourg dans le soutien de partenariats de solidarité. Nicole Ikuku, coordinatrice générale, revient sur les missions de l’ONGD

«A chaque fois qu’il est question de l’interdépendance entre les pays du Sud et du Nord, l’Action Solidarité Tiers Monde – ASTM - a marqué sa présence, guidée par un principe de solidarité internationale et d’engagement pour les plus démunis. A l’occasion de son 50e anniversaire, notre ONG rappelle son rôle précurseur qui ne se limite pas aux questions de coopération au développement: les conséquences du changement climatique, la justice fiscale, l’accaperement des terres, les défenseurs de droits humains, l’impunité des multinationales et beaucoup d’autres se sont rajoutées au fil du temps.

Aujourd’hui, l’ASTM est une ONG de développement luxembourgeoise qui travaille avec plus de 30 organisations partenaires dans les régions les plus affectées par les crises sociales et environnementales en Afrique, en Amérique latine, en Asie et au Moyen-Orient. Elle reste convaincue que les problèmes socio-politiques qui minent les populations du Sud sont une conséquence de la globalisation avec toutes ses dérives. D’où la stratégie de renforcer les populations démunies à faire valoir leurs droits.

Cependant, l’ASTM entame sa 51e année dans un contexte difficile pour la société civile sur de multiples plans, allant de la répression des défenseurs de droits humains et environnementaux et des conditions d’insécurité jusqu’à l’élimination physique des responsables de ses organisations partenaires dans les pays du Sud. De nouvelles mobilisations et revendications sociales voient le jour et questionnent fortement la notion de “solidarité” utilisée jusqu’à présent.

Dans ce contexte l’ASTM réaffirme sa lutte pour une société basée sur la solidarité, la justice sociale et la gestion responsable des ressources naturelles. Nous préconisons des changements politiques structurels qui nécessitent un travail de longue haleine et de réseau. Pour ce faire, nous continuons à analyser, à réflechir et à débattre sur l’accroissement inquiétant des inégalités dans le monde.

Nous repensons continuellment notre rôle en tant qu’organisation de la société civile et l’importance de la participation citoyenne pour aboutir à des changements structurels. Il nous importe de souligner, avec nos partenaires des pays du Sud, que la solidarité Nord-Sud reste d’actualité et qu’il faut la défendre afin de présenter des alternatives viables.»