LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

La compagnie de taxi-jet Wijet a lancé sa base luxembourgeoise

Simplifier l’aviation d’affaires, voilà la démarche de Corentin Denoeud. Le PDG de Wijet était de passage à Luxembourg hier pour y lancer sa base locale avec un appareil. Le Cessna Citation Mustang peut embarquer jusqu’à quatre passagers vers 1.200 destinations en Europe, dans un rayon de 3.000 km environ, le tout pour 2.400 euros par heure de vol entamée. «Nous sommes basés sur un modèle d’opération low-cost», explique le dirigeant. Il faut dire que la compagnie n’exploite qu’un seul modèle d’avion, compte seulement deux personnes au sol et toutes ses opérations sont informatisées. «Mais le service n’est pas low-cost», s’empresse-t-il d’ajouter. À bord de ce petit avion, les passagers peuvent bénéficier d’un téléphone satellite, de quelques gourmandises et même de boissons, pour autant qu’un des deux pilotes fasse le service.

En plein décollage

La compagnie opère depuis 2009 depuis les aéroports de Paris, Bordeaux, Lyon et Cannes. Mais désormais, elle passe à la vitesse supérieure. Lundi, elle a inauguré sa base belge à Charleroi tandis que le 7 octobre, elle prendra ses quartiers à Genève Cointrin. Son objectif? Être leader du taxi-jet. Concrètement, le client réserve son avion et en moins de deux heures, l’appareil est prêt à décoller. Le souci avec ce type de business, c’est le risque des vols à vide. Sur le marché, c’est le cas dans 45% des liaisons en moyenne. Mais Corentin Denoeud affirme tourner aux environs de 18%. Son secret? Le cojetage. Quatorze compagnies d’aviation privée sont partenaires sur ce projet de vente de places sur des trajets à vide. Pour 200 euros à 300 euros par siège, il est donc possible de voyager en jet privé mais sans forcément avoir le choix de la destination.

Autre partenariat conclu, avec Air France cette fois. Wijet propose d’acheminer les passagers des vols long-courriers en Première au plus près de l’appareil, avec une voiture particulière et des formalités administratives réduites. Deux mois après son lancement, «nous vendons un vol et demi de ce type chaque semaine», affirme le PDG.

Sur les terres de Luxaviation

Reste que cette arrivée à Luxembourg se fait aussi sur les terres de Luxaviation, qui au rythme de ses récents rachats est devenu le leader de l’aviation d’affaires en Europe. «Ils ont des avions plus gros, ce sont deux marchés séparés et des approches différentes», s’empresse de répondre Corentin Denoeud. Affirmant être 30% à 40% moins cher en moyenne que Luxaviation, il assure que Wijet va permettre d’accueillir une nouvelle clientèle au Findel. «Il y a de la place aujourd’hui pour deux compagnies à l’aéroport de Luxembourg.» De son côté, le CEO de Luxaviation reconnaît être plus cher que Wijet, mais jouer dans une autre catégorie. «Le plus petit de nos avions compte huit places, des toilettes et on peut s’y mettre debout», explique Patrick Hansen. Selon lui, «la seule façon de faire face à la hausse des coûts liés à la sécurité est d’avoir beaucoup d’avions et des modèles différents».

Actuellement, Wijet compte cinq avions et deux nouveaux appareils complèteront sa flotte à la fin de l’année. D’ici deux ans, elle vise les 20 engins. Aussi, la compagnie affirme réaliser une croissance de 45% par an. Pour 2014, elle vise les 7,5 millions d’euros de chiffre d’affaires.


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