LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

La Chambre de Commerce tire son bilan 2018

Fort de son réseau de 90.000 entreprises, la Chambre de Commerce a mis en place une stratégie de développement à l’horizon 2025. L’accent est mis sur les PME, de la création jusqu’à la succession de l’entreprise. Créée en 2016, la «House of entrepreneurship» a connu une croissance de 15% par rapport à 2017, soit près de 10.000 entrepreneurs qui ont été accompagnés. «Nous nous intéressons à tous les domaines du cycle de la vie d’une entreprise, avec des acteurs très divers», explique le directeur de la Chambre de Commerce, Carlo Thelen. Ce dernier était d’ailleurs présent lors du bilan la semaine dernière de la «House of Startups», qui est née l’année dernière. Le but est d’offrir une large palette d’accompagnement pour que les entrepreneurs ne se retrouvent pas seuls.

Ces différentes plateformes sont là pour accompagner, répondre aux questions, proposer des formations, faciliter les démarches administratives, bref tout faire pour que créer sa société soit le plus simple possible. L’adaptation de cette vision stratégique est en effet le résultat d’un processus de réflexion entamé dès 2017 au travers d’une démarche incluant les entreprises, les membres élus, les collaborateurs ainsi que les fédérations et associations professionnelles. Ce travail de réflexion et de consultation a été complété par la réalisation d’un sondage d’orientation stratégique auprès de l’ensemble des entreprises membres, pour identifier les attentes des dirigeants d’entreprises envers la Chambre de Commerce. Le plan stratégique CC2025 synthétise le résultat de ces travaux en définissant les valeurs, la vision, les missions et les objectifs stratégiques et opérationnels qui guideront l’action de l’institution de la rue Alcide de Gasperi d’ici six ans.

Mais parfois il s’agit simplement de bien diriger les dirigeants : «Les SARL-S ou SARL simplifié connaissent un grand succès, il s’en créé près de 60 par mois, ce qui est très bien, mais l’accompagnement est important car parfois ce n’est pas la structure adaptée pour certains secteurs. Mais cela permet à des jeunes qui n’ont pas besoin d’autre chose que d’un ordinateur de se lancer», précise Carlo Thelen. Une première édition du «Start-up guide Luxembourg» a été éditée pour que toutes les informations soient regroupées au même endroit, un gain de temps massif pour le monde des jeunes pousses qui vit en accéléré.

200 entreprises potentiellement transmisses dans les deux ans

Si les jeunes sont accompagnés, le volet transmission est aussi très important pour la Chambre de Commerce qui a mis en place un «One stop shop to transfer», le but étant de mettre en relation des entrepreneurs qui veulent céder leur entreprise et des repreneurs pour que l’activité se poursuive. La Chambre de Commerce estime que près de 200 entreprises seront potentiellement transmisses ces deux prochaines années.

En attendant, les firmes existantes ont du travail puisque la révolution digitale est en marche. Le programme «Go digital» permet d’accompagner les PME qui n’ont ni le temps ni les moyens humains pour s’y mettre. Mais faut-il encore que ces dernières soient convaincues: «Beaucoup d’entreprises sous-estiment l’importance de la digitalisation, il faut les convaincre, mais cela a été le cas avec le lancement de Lëtzshop par exemple. Le programme permet d’obtenir des aides du gouvernement, à hauteur de 50% des coûts. Les chiffres étaient très bons pour 2018 et ils sont déjà encourageants pour 2019», note Carlo Thelen.

De son côté, le président de la Chambre de Commerce Luc Frieden - qui a pris ses fonctions il y a seulement six semaines - a déjà identifié les trois priorités de l’institution: la formation continue professionnelle, la digitalisation et le développement à l’international. «Nous avons une grande diversité d’entreprises au Luxembourg, qui vont du petit café à la grande banque. Il faut former le personnel au sein de l’entreprise, et faire en sorte que cette dernière soit tournée vers l’international et développer ce volet», estime Luc Frieden.

En se basant sur l’expérience positive menée à Bruxelles, Paris et Berlin, le président de la Chambre de Commerce planche actuellement sur une présence luxembourgeoise à Londres: «Dans la perspective d’une Europe post-Brexit, nous avons intérêt à intensifier notre présence pour ce marché qui n’avait jusque-là pas plus d’intérêt que les autres pays européens».