LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Porté par la prise de 50% des part par les Italiens d’Infocert, Luxtrust affiche une belle croissance et compte bien se développer à l’international

La digitalisation est dans toutes les bouches, et cela fait les affaires de Luxtrust qui compte bien profiter du besoin de modernité des entreprises et de leurs clients. Avec un chiffre d’affaires de 12,4 millions d’euros, en croissance de 16% depuis 2017, le petit poucet luxembourgeois a le sourire. «Il y a encore quelques années, notre croissance était entre 9 et 10%, notre progression a été portée par l’acquisition d’Infocert de 50% de nos parts fin 2018, mais aussi par des investissements significatifs qui ont étoffé notre offre et nos services», note Pascal Rogiest, CEO de Luxtrust.

Avec 1,2 million d’euros de bénéfices avant intérêts et impôts, Luxtrust a un gros potentiel devant lui, d’autant que les astres se sont alignés puisque les différentes législations et directives européennes récentes vont dans le sens du prestataire luxembourgeois. Après s’être imposé au Luxembourg avec les token de sécurité, qui permettent notamment de se connecter en toute sécurité à son compte en banque, Luxtrust veut aller plus loin en accompagnant les entreprises dans leur transition vers le digital. Notamment avec la dématérialisation des contrats en proposant des systèmes de signature électronique qui vont remplacer à terme le bon vieux stylo.

Signature électronique à valeur officielle

Plus besoin de perdre du temps par courrier ou en se déplaçant physiquement, il suffira à l’avenir de charger sur le site de Luxtrust des fichiers PDF, comme des commandes, contrats etc. pour y apposer sa signature électronique, qui a une valeur tout à fait officielle. Aujourd’hui, 700.000 clients sont dotés au Luxembourg du token de Luxtrust, autant de candidats potentiels à la signature électronique qui devrait être tout à fait opérationnel d’ici à la fin de l’année.

Cette dématérialisation progressive a amené Luxtrust à développer ce secteur avec une plateforme dédiée à la signature électronique, «COSI», qui regroupe tous les services de Luxtrust. Au Luxembourg des grands acteurs comme POST, BIL et Société Générale l’ont déjà adopté. Luxtrust a également un pied sur le marché belge à travers la Commission européenne et les Luxembourgeois ont récemment remporté un appel d’offres en France, leur marché de prédilection, chez un «fournisseur d’énergie» de masse, qui pourrait être en toute logique EDF. Pour développer le marché, Luxtrust va ouvrir une filiale à Paris, avec trois personnes dans le bureau. Légalement, une entreprise ne peut refuser une signature électronique, une manne potentielle pour Luxtrust qui se veut, à travers son partenariat avec Infocert, leader du marché européen sur ce secteur. Pour le moment, seuls les notaires sont exclus du dispositif, même si ces derniers ont montré de l’intérêt pour la signature électronique.

Mais Luxtrust ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. En plus des signatures, Luxtrust développe la plateforme «IDKEEP» qui va faire office d’identité électronique. Aujourd’hui les informations d’un client sont regroupés sur son token, il s’agit bien souvent des informations données lors de l’ouverture de son compte en banque, puisqu’au Luxembourg, ce sont les banques qui ont largement diffusé les tokens. Cette nouvelle plateforme va permettre de gérer de façon centralisée toutes ses données personnelles, avec à chaque transaction la possibilité pour le client de partager certaines données, à la carte.

«Nous avons besoin de divulguer nos données pour un contrat de leasing ou d’assurance par exemple, le client aura la possibilité de livrer uniquement les informations demandées par une entreprise donnée. Il aura également un tableau récapitulatif qui va permettre en un coup d’œil de se rappeler de quelles entreprises ont accès à quelles informations», explique Fabrice Aresu, Chief commercial officer. Le tout en toute confidentialité puisque c’est Luxtrust qui va veiller sur les données, dans un data center situé au Luxembourg.