LISBONNE
AUDREY SOMNARD

La délégation luxembourgeoise est arrivée à Lisbonne pour le Web Summit

Les représentants d’une cinquantaine d’entreprises implantées au Luxembourg sont dans les bagages de Luxinnovation et de la Chambre de Commerce pour participer au Web Summit de Lisbonne. Découverte pour les uns, recherche de contacts pour les autres, tous sont curieux d’être présent à cet événement hors normes qui vante tout ce qui se fait de mieux dans le secteur de la tech et plus encore. Du côté de la liste des speakers, à noter une présence luxembourgeoise, celle de Polina Montano, co-fondatrice de Job Today, qui parlera aujourd’hui de la disruption du monde du recrutement et du monde du travail en général. C’est là une opportunité énorme pour les start-up B2B de s’adresser à des milliers d’entrepreneurs, le Web Summit ayant drainé quelque 70.000 visiteurs pour la précédente édition.

Objectif: se faire une place sur la carte mondiale

Du côté de la délégation luxembourgeoise, c’est la première fois que le Grand-Duché vient en convoi, après tout l’union fait la force et le risque est bien réel d’être noyé dans la masse. Pour Jean-Michel Ludwig, directeur en charge du «Business Development» chez Luxinnovation, Luxembourg se doit d’être présent: «Nous sommes délégués par le ministère de l’Economie pour communiquer autour de l’écosystème start-up luxembourgeois, nous faire une place sur la carte mondiale. Nous allons organiser pour la première fois un événement au cours du Web Summit où les investisseurs luxembourgeois vont se présenter et “pitcher” pour attirer les start-up déjà avancées qui veulent s’internationaliser. Les Corporate seront aussi présentes pour expliquer ce qu’elles recherchent comme start-up, ceci dans le contexte où le Luxembourg et le Portugal ont un lien naturel et historique».

Côté corporate justement, aller à des sommets n’est pas nouveau, mais y aller en tant que groupe représentant le Luxembourg a son lot de valeur ajoutée, explique Olivier Vansteelandt, CIO d’Axa Luxembourg: «L’initiative de la Chambre de Commerce était une bonne opportunité de découvrir autre chose, en compagnie d’autres acteurs Luxembourgeois. Il est extrêmement important pour nous d’avoir des moments de réflexion dans l’année, de pouvoir se déconnecter de nos projets quotidiens et de réfléchir à la transformation de notre entreprise». L’objectif premier est de capter les dernières tendances et rester dans la course aux dernières innovations technologiques. Un challenge dans le secteur très compétitif des assurances-vie, estime Anthony Kukaj, «Digital Marketing leader» chez Lombard International:«L’innovation n’est pas la chasse gardée des start-up. Dans notre secteur de l’assurance-vie, nous nous devons aussi d’être innovants afin de répondre aux besoins nouveaux et changeants de notre clientèle fortunée. Nous avons lancé récemment en France la version 2.0 de notre plateforme de services 100% digitale (Connect) pour que la souscription d’une assurance-vie puisse se faire 100% en ligne. Les consommateurs ont de nouvelles attentes, ils veulent que cela aille vite, mais de façon fiable et sécurisée. Le but de ma présence au Web Summit est de rester en phase avec les nouvelles tendances en matière de marketing digital qui nous permettront de garder une longueur d’avance dans notre approche "user experience"».

Même son de cloche du côté de GB Life:«En participant au Web Summit, nous espérons pouvoir acquérir de nouvelles connaissances, de l'inspiration et de nouvelles perspectives afin de les intégrer à notre solution 100% digitale - ePlatinum - pour encore davantage l'améliorer», abonde le «Head of Digital Transformation», Ronald Joosten. La digitalisation, c’est le maître-mot pour les grandes compagnies d’assurance, ainsi que l’explique Xavier Questiaux, «Marketing Manager International Life» pour Bâloise Vie Luxembourg: «C’est en particulier un accès direct aux nouvelles technologies et concepts novateurs directement applicables à nos objectifs visant par exemple à simplifier de manière radicale nos processus au service de nos clients et partenaires, notamment au travers de la digitalisation».

PME et jeunes pousses

En plus des gros acteurs de la place, quelques PME font aussi partie du voyage et ont finalement les mêmes objectifs de découverte. Daniel Gonçalves, Fondateur de Cap Meridian explique que «c’est pour nous l’opportunité d’avoir une vision des évolutions en cours pour les prochaines années. Plus spécifiquement dans notre contexte qui est le développement de plateformes de vente en ligne et l’accompagnement de ces dernières pour nos clients. Notamment l’intelligence artificielle qui permet de mieux identifier certains comportements de clients pour ensuite mieux les servir». Pour Eric Hoffelinck, Fondateur associé, Vedi (vente par internet d’impressions géantes personnalisées) le Web Summit est une mission commerciale afin de «trouver de nouvelles idées de produits/services à proposer à nos clients».

S’intéresser aux nouvelles tendances c’est bien, mais étoffer son carnet d’adresses est aussi l’objectif affiché de certains participants. Ainsi pour Maître Hervé Wolff, de LG Avocats, «le but est de nouer des contacts pour des entreprises qui sont intéressées de s’installer au Luxembourg. Nous sommes un cabinet indépendant sur la niche des nouvelles technologies. Être au sein de la délégation luxembourgeoise va permettre de multiplier les rencontres». Du côté des petits Poucet, la start-up Nium, spin-off de l’Université du Luxembourg, sera à l’affût des investisseurs, rappelle Dr. Alberto Noronha, fondateur et CEO: «De nombreux investisseurs seront présents dont certains ayant des investissements dans la biotechnologie des e-santé. Bien que nous n’ayons pas de pression financière pour les prochains mois, nous souhaitons profiter de cet événement pour échanger avec eux et anticiper leurs stratégies de financement à moyen terme».