LUXEMBOURG
CHRISTIAN SPIELMANN

Pierre Richard de passage au Luxembourg avec «Petit éloge de la nuit»

L’acteur français Pierre Richard a dominé la comédie cinématographique dans les années 1970 et 1980. Il était «Le Distrait», «Le Grand blond avec une chaussure noire» et il a fait «La Course à l’échalote». A 82 ans, il n’a rien perdu de son air rêveur, de son charme et de son espièglerie. Il est actuellement en tournée avec le seul en scène «Petit éloge de la nuit», mis en scène par Gérald Garutti.

Il récite des textes de l’écrivaine Ingrid Astier, encadré par une musique de Laurent Petitgand et des projections vidéo de Pierre Henri Gibert et Stéphane Roux, notamment avec des danses de Marie-Agnès Gillot, danseuse étoile à l’Opéra de Paris. Mardi soir, Pierre Richard était sur la scène du Théâtre National du Luxembourg (TNL).

A la découverte de la nuit

Couché dans le noir de la salle, qui peu à peu s’éclaircit, Pierre Richard explique que «le rêve est l’aquarium de la nuit» et qu’il est à lui sa propre nuit.

Le jour, il doit se conformer aux normes sociales et se vêtir d’habits, alors que la nuit il peut dormir nu. Il se questionne sur ce qu’auraient dit Roméo et Juliette le jour - la même chose que la nuit? Un cauchemar est illustré par un orage et de la foudre. Il devient «Plume» et raconte l’histoire de sa femme coupée en huit morceaux par un train. Puis, il chasse la lune qui est projetée sur le plancher de la scène. Mais elle le fuit.

Finalement, il l’attrape et, assis dans un trou au milieu de la scène, il finit par être entouré d’elle. Il parle de peintres comme Magritte ou Rembrandt qui ont peint la nuit. Le cinéma a la particularité de projeter des images dans le noir. Il s’aperçoit que le docteur Jekyll et Mister Hyde sont opposés comme le jour et la nuit. La nuit est aussi synonyme de ténèbres. En fin de compte, «le champagne est à la nuit ce qu’est l’eau bénite à la messe».

Un autre Pierre Richard

Un Pierre Richard différent de celui qu’on a connu par le passé arpente les planches du TNL. On sourit tout au plus de quelques-uns de ses propos alors qu’il nous fait tordre de rire dans ses comédies ou dans d’autres spectacles théâtrales, comme au théâtre d’Esch-sur-Alzette dans «Franchise postale, détournement de courrier» ou «Pierre Richard III». Il est sérieux, concentré et vraiment fasciné par toutes les facettes de la nuit qu’il évoque. Probablement, tout autre acteur aurait fait fuir un certain nombre de spectateurs, car les réflexions sur la nuit n’ont rien d’extraordinaire, ni vraiment de passionnant. De lui se dégage un air combiné de distrait et de rêveur qui suit chacun de ses pas et réussi à retenir l’attention des spectateurs.