LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Pour Capital Group, c’est le moment d’investir dans les actions japonaises

Le Japon est connu pour être le pays du soleil levant et celui où la pyramide des âges est inversée, à un point tel que les ventes de couches pour adultes dépassent celles pour nourrissons. Mais pour les investisseurs, le Japon est aussi le pays des Abenomics - ces réformes entreprises par le Premier ministre Shinzo Abe - et où les taux directeurs planchers depuis deux décennies ont de quoi faire penser à la politique monétaire menée en ce moment par la BCE et la Fed.

Christophe Braun, lui, considère le Japon comme un vivier d’opportunités pour les investisseurs. «Les valorisations américaines sont aujourd’hui élevées et beaucoup de personnes se demandent s’il est encore raisonnable d’y investir. Elles cherchent alors des alternatives», illustre le spécialiste en investissements chez Capital Group à Luxembourg.

La fin du «bear market»

Selon lui, les actions nippones profitent à la fois d’un changement historique dans la profitabilité des entreprises avec une hausse de la marge de profit. Ensuite, les valorisations sont faibles tant d’un point de vue historique qu’en comparaison internationale. Les changements entrepris en matière de gouvernance d’entreprise sont par ailleurs de nature à prodiguer une croissance de la rentabilité des capitaux propres. En outre, la période de déflation connue pendant deux décennies se termine avec une reprise des prix à la consommation et de la croissance des salaires. Enfin, le potentiel de ce marché a été occulté par un manque de couverture adéquate en matière d’information financière.

«Le Japon a été vu comme un “bear market” pendant 20 ans. Aujourd’hui, le pays s’ouvre vers l’extérieur et profite de la globalisation», résume Christophe Braun. Le spécialiste en investissements en veut pour preuve les Jeux Olympiques de Tokyo l’été prochain, véritable vitrine pour le pays qui n’aura certes pas d’impact sur les marchés boursiers nippons mais qui «constitueront une opportunité pour le Japon de montrer de quoi il est capable, de promouvoir son expertise».

Pendant des années, tant les ménages que les entreprises ont évolué dans un environnement teinté de craintes. Les bas de laine se sont remplis et il est maintenant l’heure de les vider. En outre, l’information financière s’est considérablement développée au Japon. Outre la barrière de la langue, celle du réseau tombe également. Si tout le monde connaît des grands noms de l’économie nippone comme Toyota par exemple, d’autres sociétés sont nettement moins sous le feu des projecteurs. Ainsi, si le célèbre constructeur automobile est suivi par 24 analystes, seuls deux couvrent Nakanishi. «Cette entreprise représente pourtant 30% du marché des instruments dentaires en Europe», pointe Christophe Braun.

Capital Group n’est pas néophyte sur le marché japonais puisque ses premiers investissements remontent à 1956.

Depuis 2006, le gestionnaire dispose de son «Japan Equity Fund», domicilié au Luxembourg.

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