LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Virginie Kuenemann a lancé son concept store pour enfants il y a deux ans

Peluches, piñatas multicolores, jouets et livres, on ne sait plus où donner de la tête chez Miyo, le concept store de l’entrepreneuse Virginie Kuenemann. Ce commerce, c’est une idée qui trottait dans sa tête depuis longtemps, très longtemps. Quasi une histoire de famille. «Mes grands-parents tenaient une épicerie dans le Nord de la Belgique, et à cette époque ils travaillaient sept jour sur sept», raconte-t-elle. Elle suit des études supérieures sans trop de conviction, poussée par sa famille. Puis elle pense un moment vivre de sa passion, la plongée sous-marine. Elle finit par se «ranger» et intègre le milieu bancaire pendant 20 ans. Sans jamais perdre de vue son objectif premier: ouvrir son propre commerce. «Avoir ma propre affaire était une évidence pour moi, j’attendais juste d’être prête et surtout de trouver quel type de commerce sachant que depuis l’époque de mes grands-parents, le secteur avait beaucoup changé», estime l’entrepreneuse qui a donc attendu d’avoir une vie plus stable, une maison, des enfants devenus grands, une épargne suffisante pour plonger dans le grand bain.

Réfléchir en profondeur à son concept

Puis un jour, en 2016, après une longue réflexion entreprise avec son mari, elle se lance. Son idée de concept store est devenue peu à peu concrète: «J’ai commencé à me renseigner auprès de mes proches, puis j’ai élargi le cercle aux parents d’enfants à la sortie des écoles, aux centres commerciaux, je leur posais des questions pour mieux cerner leurs besoins». Virginie Kuenemann intègre ensuite le programme Fit4Entrepreneurship qui lui a permis de réfléchir en profondeur sur son concept, «cela m’a permis de faire le point sur mes attentes et surtout mes compétences. A la fin du programme, mon concept précis était né». Elle finit par quitter son emploi et se lance à 100% dans l’aventure Miyo en juin 2016.

Atelier de peluche, bijoux, textile: la boutique offre de multiples facettes. Le local, route d’Arlon offre d’ailleurs la possibilité de diviser l’espace en plusieurs univers. En plus de la boutique en elle-même avec un coin «mode» et les différents ateliers, après quelques marches on accède à la partie café, librairie et mini-aire de jeux. Lors de notre passage, trois jeunes femmes sont venues boire un café avec leurs bambins. Ces derniers jouent tranquillement pendant que les amies peuvent discuter entre elles. L’atmosphère est plutôt paisible, chose qu’apprécie Inessa qui vient souvent avec son fils Damien: «J’ai entendu parler de Miyo par des amis, et j’adore! Les vêtements sont vraiment de bonne qualité, on y trouve des livres pour enfants en anglais que je ne trouve pas ailleurs au Luxembourg. Les enfants peuvent jouer tranquillement pendant qu’on prend un café entre amies, c’est vraiment la meilleure option pour nous. Il faut dire que je n’habite vraiment pas loin, c’est un endroit que j’apprécie beaucoup», raconte la cliente qui repartira en achetant un livre. Le petit Damien, moins enclin à quitter son jouet, n’est pas de cet avis. Virginie Kuenemann lui offre un petit ballon et le chagrin est vite oublié. Des clients comme Inessa, qui viennent sur la recommandation d’amis, c’est comme ça que Miyo a bâti sa clientèle. «La publicité, le marketing n’ont rien donné. Ce qui marche le mieux c’est le bouche-à-oreille», admet la gérante qui met cependant les bouchées doubles en ce moment sur les réseaux sociaux, avec un certain succès.

Ce qui fait les affaires de Virginie Kuenemann, ce sont les anniversaires. Ils représentent quelque 40% de son chiffre d’affaires, même si depuis deux ans elle a réussi à diversifier son offre, à son grand soulagement. Des groupes d’une douzaine d’enfants viennent à la boutique en week-end, samedi ou dimanche, sur réservation, et le sous-sol de la boutique leur est dédié. Musique, animations, tout est prévu. Les invités repartent même avec leur peluche qu’ils ont façonné eux-mêmes. Magique pour ces têtes blondes: «Ils sont tellement contents de repartir à la maison avec leur peluche et le sac qu’ils ont personnalisé, la peluche devient leur confident. Certains épargnent et reviennent à la boutique pour lui acheter une tenue!».

Si les enfants sont ravis, les adultes ne sont pas en reste. Les parents des petits invités ont en effet tout le loisir de rester au niveau du café de la boutique pour passer un bon moment entre adultes, pendant que les petits s’amusent au sous-sol, sous la surveillance de la souriante Cathy Rodrigues, la bras droit de Virginie Kuenemann depuis février 2018, ainsi qu’une petite équipe d’étudiants de confiance qui se relaient chaque week-end: «J’ai eu beaucoup de chance, Cathy a beaucoup apporté, elle avait commencé en tant qu’étudiante les week-ends. Finalement je n’ai même pas besoin de mettre d’annonce, ils se recommandent entre eux et cela marche très bien comme ça». Si la boutique lui permet aujourd’hui de payer les frais fixe (loyer, salaire de Cathy et des étudiants), l’entrepreneuse ne se verse pas encore de salaire: «J’ai investi à moitié avec mon épargne, et à moitié avec un crédit d’investissement. Aujourd’hui je vais pouvoir commencer à récupérer de ma mise personnelle avec ce que rapporte la boutique. Mais c’est un travail de longue haleine», admet-elle.

www.miyo.lu