LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Etat des lieux et enjeux pour les PSF de support

Jean-François Terminaux est président de «Finance & Technology Luxembourg» (FTL) qui représente le secteur des PSF de support. Ce dernier explique les enjeux pour son secteur qui est en pleine évolution.

Comment se porte le secteur des PSF de support?

JEAN-FRANCOIS TERMINAUX Globalement, le secteur est stable, mais ce qui nous freine actuellement -et ce n’est pas propre qu’à notre secteur- c’est de trouver des talents. Nous avons rencontré plusieurs ministres à ce sujet durant l’année, c’est un point très important pour nous et le gouvernement en est bien conscient. Nous avons besoin de développeurs, de support IT, d’experts dans les nouveaux domaines de l’intelligence artificielle, du cloud, de la data. Car notre métier change et nous avons besoin de profils plus pointus, mais nous avons épuisé tous les profils de la Grande Région, nous n’avons plus de sang neuf. La problématique c’est de réussir à attirer les talents avec Luxembourg comme destination, ce n’est pas facile car il faut avoir des packages de relocalisation attractifs, et nous sommes en compétition avec Londres, Paris, Dublin… Tout le monde a besoin des mêmes talents. Il y a parfois une image faussée du Luxembourg, le gouvernement y travaille, mais c’est difficile. Même en politique interne de transfert au sein d’une entreprise, nous avons du mal à “vendre” Luxembourg comme destination. Du côté de la Fintech, elles ont des difficultés à trouver des financements, d’autant que leurs clients, des grands groupes, sont ici mais les maisons-mères ne sont pas au Luxembourg, ce qui réduit les marges de manœuvre.

Quels sont les défis pour les prochains mois?

TERMINAUX Le plus grand défi, c’est la mise en place de la loi de finance de 2018, notamment avec l’article 41 qui règle l’outsourcing des clients. C’est aujourd’hui acté, mais nous avons encore besoin de quelques points d’éclaircissements sur les circulaires de la CSSF. Ça reste compliqué et pourrait potentiellement nous rendre moins compétitifs. Des groupes de travail ont été créés durant l’année, nous avons démarré en octobre dernier pour moderniser le statut des PSF de support, tout le monde y est représenté, des PME aux grands groupes. Le but est de sortir des frontières. L’objectif est ambitieux, nous aimerions pouvoir revenir vers le ministère d’ici à la fin de l’année prochaine. L’idée est de mieux intégrer par exemple les assurances qui utilisent indirectement les PSF de support, ainsi que les Fintech, dont deux ont actuellement le statut pour les aider vis-à-vis du régulateur et du gouvernement. L’écosystème est en train de se réguler, nous nous voyons comme complémentaires avec les Fintech. Une enquête est d’ailleurs actuellement en cours pour faire un état des lieux du secteur avec un retour du terrain. Les résultats sont attendus à la fin du mois de décembre.

Est-ce que la petite vague de plans sociaux qui touchent des banques de la place ont des conséquences chez les PSF de support, étant donné qu’il s’agit de vos clients?

TERMINAUX Nous voyons tout changement comme une opportunité. Je ne me réjouis évidemment absolument pas de plans sociaux, mais il est évident que l’implantation de systèmes cloud et de l’intelligence artificielle va demander moins de personnel, mais plus de solutions technologiques, nous avons donc un rôle à jouer. Pour l’instant je dois dire que je ne vois pas d’impact direct sur le secteur, mais à terme notre position va devoir changer. Nous allons devoir présenter des offres différentes qui vont aller dans le sens de l’évolution de nos clients.AUDREY SOMNARD

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