LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Le Luxembourg Digital Innovation Hub se concentre sur ce secteur

Du côté des industriels, la demande pour des aides est elle aussi en pleine expansion. Chez Luxinnovation, le Luxembourg Digital Innovation Hub (DIH) a été crée en septembre dernier pour accompagner la digitalisation du secteur de l’industrie. Au-delà des frontières, le DIH travaille d’arrache pied pour se faire une place dans un réseau européen. Explications.

Photo: Luxinnovation - Lëtzebuerger Journal
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Marina Guérin-Jabbour a pris la tête du DIH et elle a très vite découvert un secteur très varié: «C’était une bonne surprise pour moi. J’ai découvert un secteur industriel développé et varié, de par la taille des entreprises et leurs activités. Les industriels sont convaincus de la nécessité d’intégrer la transformation digitale dans leurs opérations et sites de production afin d’être compétitifs au niveau national et européen».

Un interlocuteur neutre

Concrètement, le DIH se pose en interlocuteur neutre et sans intérêt commercial pour accompagner ces entreprises dans leur transition digitale. «Notre rôle est de recommander des prestataires qui vont répondre aux besoins des entreprises industrielles dans la transformation digitale. Bien souvent, ces entreprises ne connaissent pas la diversité des prestataires à qui ils peuvent faire appel sur le marché luxembourgeois», poursuit la directrice. Actuellement, une centaine de prestataires est répertoriée, avec une quarantaine en discussion avec Luxinnovation. Pour mieux se faire connaître, le DIH a amorcé une série de «Talks», sur le modèle des TED Talks, avec une séance d’introduction prévue le 13 février à la Chambre de Commerce, uniquement pour les clients cette fois. Par la suite l’idée est que pour chaque événement, environ une fois par mois jusqu’en mai, une thématique soit abordée, par exemple «redéfinir l’expérience client» le 27 février prochain, avec des interventions de prestataires et le témoignage d’industriels. «Notre objectif, à travers ces événements, est de permettre d’approfondir et donner accès aux différents domaines de la transformation digitale de l’industrie 4.0 et de faire connaître les différents prestataires aux industriels», précise Marina Guérin-Jabbour. Bien sûr ce type d’événement est également l’occasion de réseauter et de rencontrer les prestataires dans un cadre moins formel afin de renforcer les différentes collaborations.

Si le DIH souffre encore quelque peu d’un manque de notoriété dans le secteur, l’organisme a bien l’intention d’avoir une place de choix dans le paysage européen. Premier pays avec un DIH national, le Luxembourg travaille sur sa candidature pour faire partie d’un réseau européen: «L’examen des candidatures des DIHs nationaux se fera par des experts désignés par la Commission dans le cadre du programme Digital Europe, en vue d’intégrer le réseau des DIHs européens en 2021», explique la directrice. A la clé, le DIH pourrait bénéficier de la force de frappe et des contacts d’un réseau européen afin de mettre l’industrie luxembourgeoise sur le devant de la scène.

www.dih.lu

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Un programme taillé pour les PME

Fit 4 Digital de Luxinnovation propose d’accompagner les PME dans leur processus de digitalisation


Luxembourg Rémi Grizard est responsable du département SME Performances chez Luxinnovation. Il revient sur le programme Fit 4 Digital qui se focalise sur l’accompagnement de la digitalisation des PME et TPE. Lancé en janvier 2018, le programme se base sur une aide de 5.000 euros pour les entreprises éligibles à travers des consultants triés sur le volet par Luxinnovation: «Dans le cadre de ma fonction, je rencontre quotidiennement des PME, cela permet de mieux les orienter vers les aides étatiques, européennes, les recherches de partenariat etc», explique Rémi Grizard. La première étape pour l’entreprise est de dialoguer avec les différents consultants pour choisir celui va établir un diagnostic. Après quelques formalités administratives, notamment un formulaire en ligne, qui prennent entre 5 et 6 jours, le début du diagnostic peut démarrer: «Le consultant émet un rapport qui est alors validé par nos soins, ainsi nous nous assurons qu'il a bien compris les besoins de la PME et que cette dernière y gagne», poursuit le responsable. Point déterminant pour les entreprises, l’aspect financier est réglé à l’avance. L’aide de 5.000 euros a pour objectif de couvrir les frais du diagnostic, ainsi la PME n’a pas à avancer l’argent. En 2019, sur 170 demandes reçues par Fit 4 Digital, 110 ont été acceptées. 80% de ces entreprises ont choisi de continuer au-delà du diagnostic pour établir un plan d’action avec une estimation budgétaire. Là encore, l’Etat intervient puisque des aides sont  accordées à hauteur de jusqu’à 50% des frais de consultants, ces derniers s’engageant à ne pas facturer plus de 850 euros/journée, ainsi que jusqu’à 20% des investissements liés au plan d’action. «En général les entreprises qui nous contactent ont une petite idée de ce qu’elles recherchent. De grandes thématiques se dégagent, comme l’organisation interne via des logiciels ERP qui remplacent le papier et fluidifient la communication entre les différents services», raconte Rémi Grizard.
C’est pourquoi en octobre dernier a été lancé le «Fit 4 Digital Package», des programmes clé en main qui répondent à des besoins prédéterminés, sans passer par la case diagnostic: «Cette nouvelle formule s’adresse aux entreprises qui savent déjà ce qu’elles veulent, ces dernières peuvent accéder au Fit 4 Digital Package via une auto-évaluation en ligne. Le budget d’aide de 5.000 euros peut alors être utilisé pour cette formule qui a un coût d’environ 7.000 euros», précise les responsable. Depuis le lancement, 31 dossiers ont été acceptés pour ce programme. AS

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Photo: Shutterstock - Lëtzebuerger Journal
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L’artisanat 2.0.

D’«eHandwierk» au tour de «Handwierk»: coup d’œil sur les activités de la Chambre des Métiers


Luxembourg Digitalisation et artisanat peuvent aller de pair. Début 2017, la Chambre des Métiers a créé le service eHandwierk destiné à guider et orienter les entreprises du secteur dans leur transformation digitale. «En tout, le service a touché plus de 2.000 entreprises via les visites, les conseils et les évènements organisés à la Chambre des Métiers», résume Dr. Anne Majerus, cheffe du service eHandwierk. Cela représente plus d’une entreprise sur quatre dans le secteur qui regroupe 7.303 PME, selon les données de la Chambre des Métiers. «Nous sommes très satisfaits de la portée de nos actions», ajoute la responsable.
Dans le détail, la Chambre des Métiers a reçu en 2018 et 2019 220 entreprises artisanales désireuses d’être accompagnées dans le processus. L’institution a aussi comptabilisé près de 300 conseils à distance, par email ou téléphone. Elle a aussi édité des articles et fiches pratiques à destination des entreprises et organisé des ateliers et conférences sur la thématique. Et toujours afin de sensibiliser les affiliés, un autodiagnostic de performance digitale a été mis en place gratuitement.

«Le tour de Handwierk» continue
En 2019, la Chambre des Métiers a lancé le projet «Le tour de Handwierk» pour aller à la rencontre des artisans et de découvrir en pratique les nouvelles technologies. Ainsi, l’organisation a fait arrêt à Munich lors de l’«Internationale Handwerksmesse» où elle a mis en avant des tables intelligentes. Au LIST, elle a présenté un atelier de programmation et de création d’objets connectés tandis que la réalité augmentée a été promue dans les locaux de l’entreprise Meyer-Frères. Enfin, deux ateliers de simulation de cyberattaque ont été organisés à la ROOM#42.
Pour 2020, «Le tour de Handwierk» se poursuit avec notamment la visite d’un data center et une série de webinaires. Le premier est prévu mardi prochain et touchera au RGPD avec la participation d’une experte de la CNPD.
L’artisanat regroupe 22% des entreprises du Luxembourg totalisant 91.500 emplois, ce qui fait de ce secteur le premier employeur du Luxembourg selon son organisation patronale. CK

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Photo: Shutterstock - Lëtzebuerger Journal
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Coup de pouce digital

Le programme «Go Digital» de la «House of Entrepreneurship» se fait connaître des entrepreneurs


Luxembourg De 800 à 2.200 en un an. La fréquentation des quelques 180 workshops organisés en 2019 dans le cadre de Go Digital, l’initiative de la House of Entrepreneurship lancée en mars 2018, a été multipliée par près de trois, se félicite l’organisation. «Notre but, c’est de devenir le centre de la digitalisation et donc, de rassembler, que l’on devienne la porte d’entrée des entreprises pour se digitaliser», souligne Laurent Lucius, «Entrepreneurship Project Coordinator» au sein de la «House of Entrepreneurship». L’entité créée par la Chambre de Commerce entend montrer tous les atouts du digital qui vont de la visibilité en ligne à la vente en passant par la fidélisation de la clientèle, la recherche d’efficience et de rentabilité. Outre les ateliers qui ont vocation à sensibiliser et à mettre en pratique certains concepts, l’institution guide aussi les entreprises vers les Fit 4 Digital Packages de Luxinnovation.

Lever la barrière financière
Ils ciblent les sociétés jusqu’à 50 salariés avec une aide de 5.000 euros pour financer un package d’une valeur de 6.650 euros. «Cela reste encore un certain montant, surtout pour les petites entreprises», pointe Laurent Lucius qui se félicite tout de même de l’existence de cette aide. «Tout le monde parle de la digitalisation mais au début, surtout pour les petites entreprises, il y a un frein: c’est la barrière financière», illustre le responsable.
Celui-ci se félicite de la dynamique entourant les packages Fit 4 Digital, lancés en septembre 2019. A ce jour, 52 entreprises ont déjà implémenté des outils digitaux et 70 figurent dans le pipeline. «Notre objectif est d’atteindre 150 firmes à la fin 2020, on va normalement l’atteindre», avance Laurent Lucius.
Reste que les entrepreneurs n’ont pas toujours du temps à consacrer à la question de la digitalisation. Outre un questionnaire en ligne, la «House of Entrepreneurship» organise des roadshows pour aller à la rencontre des sociétés. Pour 2020, la feuille de route comporte une dizaine d’arrêts.
Et puis, les workshops continuent sur leur lancée. Rendez-vous est déjà donné début mars pour des ateliers destinés à transmettre les bonnes pratiques pour réussir ses ventes en ligne. CK

www.houseofentrepreneurship.lu