LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Seize start-up s’envolent dans quelques jours pour le CES de Las Vegas et faire partie du pavillon luxembourgeois

Le salon Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas est devenu en quelques années le rendez-vous incontournable du secteur mondial de la Tech. Un tiers des participants est européen, c’est dire si le CES a des retombées pour nos start-up également. Le Luxembourg avait participé au salon pour la première fois lors de l’édition 2018, avec deux fois quatre stands et huit start-up, la petite délégation luxembourgeoise avait pris la température.

Mais comme il faut réserver d’année en année, l’agence en charge de l’organisation de la présence luxembourgeoise au CES, Luxfactory, a mis les bouchées doubles et prévu pour cette fois un véritable pavillon luxembourgeois avec la présence de 16 start-up, ce qui a déjà été annoncé en septembre dernier. Pour cela il a fallu batailler dur, explique Elodie Trojanowski, CEO de Luxfactory: «Nous avons eu plus d’une centaine de candidatures, également de start-up venant de France, mais nous avons voulu nous focaliser sur celles qui sont basées au Luxembourg. C’était une condition pour pouvoir participer, d’autant que le CES a des quotas selon les pays et qu’il faut scrupuleusement les respecter. Pour pouvoir obtenir notre pavillon, il a fallu les convaincre, avec pas moins de deux “oraux” par Skype, mais c’est chose faite».

Une vitrine inégalée pour le Luxembourg

Le CES de Las Vegas, c’est 220.000 inscriptions cette année, 180.000 visiteurs professionnels pour l’édition 2018, il s’agit d’une vitrine inégalée pour le Luxembourg : «Nous voulons montrer que le Luxembourg est une “start-up nation”, il est important de voir grand pour le pays avec un vrai pavillon, une “island” au sein de l’Eureka Park, nous avons une grosse devanture cette année. CES est le plus gros événement international du genre, il faut être là-bas pour rencontrer les bonnes personnes, trouver des financements etc», ajoute Elodie Trojanowski.

En parlant de financement, Luxfactory octroie une aide de 550 euros pour aider à financer le voyage aux start-up. Il s’agit pour ces petites structures d’un investissement conséquent pour se rendre au CES. «C’est un gros coût pour nous», estime Mike Reiffers, fondateur de la start-up Skeeled, à la veille du départ pour les Etats-Unis. «Même si nous avons un package à un prix raisonnable pour le stand, avec une semaine et demi loin du bureau, c’est un investissement, mais un bon investissement».

6.000 euros pour les start-up

La présence au pavillon luxembourgeois est d’environ 6.000 euros pour chaque start-up, l’Office du Ducroire du ministère de l’économie prend en charge jusqu’à 50% de la somme. Mais c’est le fait de venir sous la bannière «Luxembourg» qui a fini de convaincre l’entrepreneur: «Seul, je n’y serais pas allé, mais avec le stand du Luxembourg, nous allons avoir plus de visibilité avec la délégation, nous venons groupés en quelque sorte. Nous sommes présents au Luxembourg, Belgique et Pays-Bas, c’est l’occasion de mieux connaitre les possibilités du marché américain. Et puis, beaucoup d’investisseurs circulent…».

Sur les 16 start-up qui seront présentes, deux étaient déjà du voyage en 2018. C’est le cas d’Yves-Laurent Cayan, fondateur de Coinplus, qui se dit «très impressionné» par son passage l’année dernière: «Nous avons compté 1.500 passages à notre stand, dont 50 personnes intéressées. Pour nous c’est important d’y retourner car cet événement arrive à attirer des professionnels du secteur du monde entier».

Lui aussi est rassuré de se rendre à Las Vegas sous le nom Luxembourg, un véritable atout selon lui: «La marque Luxembourg est une marque de confiance, et la confiance c’est ce qu’il y a de plus important dans le secteur des crypto-monnaies», insiste Yves-Laurent Cayan qui vient d’obtenir le label «Made in Luxembourg» pour Coinplus