LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

La première S.à.r.l-S est KouniToys, une start-up de location de jouets

La S.à.r.l-S est-elle un jeu d’enfants? Pas vraiment, à en croire Patricia Dor. Elle est la première entrepreneuse du Luxembourg à avoir choisi ce statut pour son activité de location de jeux et jouets. KouniToys a vu le jour le 16 janvier dernier, soit la date d’entrée en vigueur de la loi, selon le Registre de Commerce et des Sociétés.

Juriste de formation, Patricia Dor a étudié le projet de loi et le 16 janvier, elle a tenté d’inscrire KouniToys sur le site du Registre de Commerce et des Sociétés. «Je n’ai pas réussi à immatriculer la société, le projet a été rejeté parce que le statut de S.à.r.l-S nécessite une autorisation de commerce spéciale», explique-t-elle. Après ce couac, l’entrepreneuse s’est rendue à la «House of Entrepreneurship» où la demande de transformation de l’autorisation de commerce a été traitée. «Cela a été très vite, mais ce n’est pas une personne un jour un euro comme annoncé au départ», souligne-t-elle.

Pour sa part, Patricia Dor est bien seule aux commandes de sa S.à.r.l-S mais la création de cette structure a pris quelques jours et au final, le capital s’élève à 200 euros. Un montant qui s’explique par les frais administratifs nécessaires à la création de la société, à savoir 191 euros.

Une activité antérieure

KouniToys est né d’un constat: les enfants qui reçoivent un nouveau jouet le manipulent, jusqu’à le maîtriser puis le délaissent. En tant que jeune maman, Patricia Dor a donc eu l’idée de permettre aux parents d’avoir accès à toute une variété de jouets sans pour autant les acheter. Membre du Luxembourg EcoInnovation Cluster, KouniToys s’inscrit dans le concept de l’économie circulaire et répond à la fois à la demande d’une clientèle de particuliers mais aussi d’entreprises qui offrent des abonnements à leurs salariés et à leurs enfants.

L’activité a vu le jour en novembre 2015. «Je n’avais clairement pas besoin d’un capital de 12.000 euros», se souvient l’entrepreneuse qui décide donc de se constituer un stock et de lancer cette activité en tant qu’indépendante, en attendant que le projet de loi de la S.à.r.l-S entre en vigueur.

Aujourd’hui, Patricia Dor voit dans ce statut les bienfaits de la limitation de sa responsabilité. Autre atout, l’image: «J’ai l’impression qu’une société est toujours plus crédible et respectable qu’une entreprise individuelle», explique-t-elle. En revanche, ce statut nécessite de prendre en compte une série d’éléments tels que la situation fiscale, les obligations comptables et les documents administratifs à fournir en fin d’exercice. «Mais il n’y a rien d’insurmontable», temporise l’entrepreneuse. Elle qui a attendu de pied ferme l’application de la loi compte bien conserver ce statut de S.à.r.l-S… à tout le moins dans un premier temps. Par la suite, elle souhaiterait évoluer vers la S.à.r.l. «parce qu’autant avoir une forme sociale donne de la crédibilité, je pense qu’une S.à.r.l. aura plus de crédibilité qu’une S.à.r.l. Simplifiée». Qu’il s’agisse des banques, des fournisseurs et des autres parties en interaction avec la société, la perception est et demeure un facteur clé pour le développement de celle-ci.


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