LUXEMBOURG-BONNEVOIE
AUDREY SOMNARD

La House of startups fête sa première année d’existence

Le projet était ambitieux, mais comme le rappelle Carlo Thelen, directeur de la Chambre de Commerce, la House of startups (HoST) s’inscrit dans la vision de «start-up nation» que le Luxembourg souhaite implémenter. En seulement un an d’existence, la demeure affiche quasi complet avec ses quatre incubateurs et plus de 100 start-up au compteur. «C’était la suite logique de la House of training puis de la House of entrepreneurship. Nous voulions offrir un accompagnement pour chaque étape de la vie d’une entreprise, explique Carlo Thelen. Mais il manquait un chaînon avec les start-up, car ces dernières n’ont pas un business plan traditionnel».

Et de rappeler les «trois F» qui font la mission de la House of startups: facilitateur, fédérateur et force de proposition. La Chambre de Commerce dispose de 500.000 euros de budget par an pour l’écosystème start-up, mais il s’agit en grande partie du financement de la HoST, de la location des lieux et des salaires du personnel. La HoST loue ensuite les surfaces aux jeunes pousses, environ 375 euros par mois pour les bureaux fixes avec domiciliation, 300 euros pour du «hot desking», des tarifs alignés sur ceux des incubateurs comme la LHoFT.

15 jeunes pousses sur liste d’attente

Evidemment, la Chambre de Commerce ne rentre pas dans ses frais, mais là n’est pas le but: «Nous ne sommes pas là pour gagner de l’argent, c’est une vision à long terme», précise Carlo Thelen. La HoST regroupe différents incubateurs: Lux-City, émanation de la Ville de Luxembourg, avec 36 start-up, qui se positionne comme complémentaire aux autres incubateurs. LHoFT a été développée comme un «innovation hub», un outil Fintech pour aider à la diversification de la place financière. On y compte 54 Fintech, dont certains gros acteurs, 15 jeunes pousses sont actuellement sur liste d’attente. L’«International climate finance accelerator» (ICFA) se veut comme accélérateur en amont de l’industrie des fonds, avec des appels à projets. Enfin, le Hub@Luxembourg est une émanation du Crédit Agricole, la banque française ayant choisi le Luxembourg pour ouvrir son premier incubateur à l’international. Lancé vraiment depuis janvier dernier, le Hub accueille trois start-up.

A partir de 25 personnes, les jeunes pousses doivent prendre leur envol et quitter le nid de l’incubateur: «Nous voulons créer un véritable réseau d’innovateurs dans la Grande Région, avec accès aux marchés locaux, une plateforme pour constituer un portefeuille de start-up», plaide Karin Schintgen, la CEO de la HoST.

D’ailleurs, le Luxembourg veut tirer avantage d’être au centre de la Grande Région. Pour la HoST, la Grande Région c’est l’occasion d’accéder rapidement un marché de 11 millions d’habitants de quatre pays différents, suffisant pour atteindre la masse critique que ne possède pas le Luxembourg à lui seul. Mais si la Grande Région est une idée lumineuse sur le papier, avec ses centres d’excellence et ses multiples incubateurs à moins de deux heures à la ronde du Grand-Duché, en pratique, les jeunes pousses qui s’installent doivent faire face à quatre législations différentes et des systèmes de financement différents.

On est donc encore loin du compte en matière d’harmonisation. Mais le secteur s’organise et surtout se fédère. Le «Luxembourg open innovation club» regroupe quasi tous les incubateurs du pays pour parler d’une seule voix. L’«Incubator’s club» a été créé il y a deux mois seulement, et déjà deux réunions ont été organisées avec pour priorités la simplification administrative, en particulier le financement, mais aussi l’attraction des talents qui restent les deux gros points noirs pour les jeunes pousses qui s’installent au Luxembourg.

Avec la «Fundraising Boutique» pour le volet financement ainsi que le checkpoint avec des experts prêts à accompagner les start-up, ces dernières sont chouchoutées. S’il reste des obstacles au niveau étatique, les acteurs du secteur essaient de mettre tous les atouts de leur côté.