LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Pour ING, 2019 sera une année plus difficile mais pas catastrophique

En 2019, les investisseurs vont en quelque sorte marcher sur des œufs, avec d’un côté un marché obligataire toujours peu attrayant et de l’autre, un marché d’actions aux valorisations élevées et toujours très sensible aux tensions ambiantes. «Il ne faut pas oublier que les dividendes des entreprises apportent du rendement dans les portefeuilles», pointe néanmoins le «senior economist» d’ING, Philippe Ledent.

L’expert de la banque au lion se montre neutre, voire en légère sous-pondération sur les actions, «mais avec un profil plus défensif». En optant pour des valeurs moins exposées à la conjoncture comme les pharmaceutiques et celles axées sur les biens de consommation courante, «on s’attend à ce que les bénéfices des entreprises soient au rendez-vous».

Nombreux risques

«C’est la moins mauvaise option», admet l’économiste pour qui le scénario d’une baisse douce du régime économique est exposé à des risques. Le premier est purement économique et concerne des pays émergents qui, en 2018, ont fait face à une fuite des capitaux. Leurs banques centrales ont relevé les taux pour contrer le phénomène, mais une inflation très élevée en a découlé, avec un coup de frein pour l’économie. «C’est par exemple ce qui se passe en Argentine», note Philippe Ledent.

Autre risque, celui des incertitudes politiques avec le Brexit mais aussi les divergences de vues au niveau de la zone euro face à l’émergence d’une inversion de l’austérité. Ajoutez à cela un risque politique américain compte-tenu des réactions surprises de Donald Trump à tout ce qui se passe et vous obtenez des nuages sombres au-dessus du scénario d’ING.

«Il y a forcément des poches de risque dans la sphère financière», abonde Philippe Ledent qui pointe la hausse de l’endettement mondial. Et pendant ce temps, les taux d’intérêts restent au plus bas en zone euro. «La capacité de la BCE de remonter les taux d’intérêts en 2019 sera très limitée», explique l’économiste.

Qui plus est, «il y a une réappréciation des risques par le marché» et cela, tant du côté des actions que des obligations où les primes de risque sont en train d’augmenter. Néanmoins, ING n’entrevoit pas de grande dégringolade des marchés. «On aurait le carburant pour maintenir les marchés non loin des niveaux que l’on a actuellement», avance Philippe Ledent.

Et d’ajouter que dans la mesure où l’or n’a pas bien performé cette année, que le cash demeure inintéressant vu les taux bas et que les obligations sont exposées à la hausse future des taux, les actions restent donc une classe d’actifs intéressante. «L’investisseur européen n’a pas d’autres alternatives», conclut l’économiste.
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