LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

L’institution profite de la publication de son rapport annuel pour rappeler quelques griefs

La Banque Centrale du Luxembourg a fait ses comptes et pour 2014, son bénéfice net s’est contracté de 13,6% à 1,65 million d’euros. L’institution pointe du doigt une augmentation de certains frais comme ceux liés au personnel qui ont crû de 1,3 million d’euros pour atteindre 33,4 millions d’euros l’an dernier. Mais au-delà de ça, le président a rappelé dans son mot d’introduction l’épée de Damoclès qui pend au-dessus de l’organisation: elle est chargée de financer l’intégralité des pensions légales de l’ensemble de son personnel. «La dynamique de ces pensions, liée à la croissance de l’institution, inévitable au vu de l’accroissement et de l’approfondissement des missions de la Banque, a fait que la BCL a dû procéder dans ses comptes annuels 2014, sur la base de nouveaux calculs réalisés par un actuaire externe et indépendant, à une première augmentation significative des provisions en relation avec ses obligations futures en la matière», souligne Gaston Reinesch.

Capitalisation accrue attendue

L’intéressé profite de la tribune pour pointer du doigt un autre problème: la faible capitalisation de la BCL. Selon lui, elle «continue à constituer une menace croissante pour la Banque, risquant de mettre en péril son indépendance financière et opérationnelle.» En mars dernier, Xavier Bettel s’est engagé à résoudre le problème, un point sur lequel le dirigeant se félicite. Qu’il s’agisse de la mise en place du Comité du risque systémique ou du Conseil des national des finances publiques, la BCL salue ces démarches. L’institution pousse aussi un ouf de soulagement: elle n’a finalement pas été chargée de la fonction dévouée au Conseil national des finances publiques.

Mais une zone d’ombre subsiste: «La BCL ne bénéficie toujours pas d’un accès inconditionnel, en temps utile et automatique à l’ensemble des statistiques des finances publiques, tel que préconisé par la Banque centrale européenne dans son avis sur le projet de loi.» Certes, l’institution a vu son accès s’améliorer l’an dernier mais il demeure incomplet. «Il est dans l’intérêt de l’Etat et d’une bonne gouvernance économique du pays de favoriser la transparence dans ce domaine afin de permettre aux institutions concernées, dont la BCL, de produire des analyses indépendantes basées sur l’entièreté des données existantes», martèle Gaston Reinesch.

La baisse des taux se fait sentir

En 2014, la BCL a vu son bilan reculer de 1,2% à 117 milliards d’euros. A l’actif, le volume des concours aux établissements de crédit liés aux opérations de politique monétaire a fondu de 42% pour atteindre 3,3 milliards d’euros. Au passif, le volume des dépôts a chuté de 32% à presque 16,7 milliards d’euros. La valeur des billets en circulation a bondi de 23% à 2,7 milliards d’euros, tandis que la marge sur intérêts a dégringolé de 62,6% à 145 millions d’euros.

En cause, la baisse des taux
d’intérêts mais aussi celle
de l’encours des dépôts des établissements de crédit luxembourgeois auprès de l’organisation. A la fin de l’année dernière, elle comptait 321 salariés soit quinze de
plus qu’en 2013.


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