WATERFORD (IRLANDE)
AUDREY SOMNARD

Cap sur le sud-est de l’Eire, entre Waterford et Wexford

Les amoureux de l’Irlande sont nombreux, et ils ont raison. Paysages à couper le souffle, population très chaleureuse, ambiance unique de ses pubs, même la météo capricieuse a son charme, c’est dire si l’île exerce un charme qui séduit chaque année de nombreux touristes. Pour ceux qui décident de faire le voyage en bateau, c’est à Rosslare que l’on débarque, dans le sud-est du pays. Nombreux sont ceux qui s’échappent vite pour rejoindre la célèbre côte ouest, très touristique. Mais les comtés de Waterford et Wexford méritent le détour.

En Irlande, il faut prendre son temps. Quadriller ce petit pays en une ou deux semaines est une hérésie. Une semaine ne sera donc pas de trop uniquement pour ces deux comtés, et cela pour deux raisons principales: la météo irlandaise qui n’en fait qu’à sa tête, et le réseau routier qui est disons pour le moins intéressant! Si les fonds européens ont permis de financer quelques autoroutes (et leurs péages) et routes nationales, regarder une carte routière est trompeuse. Une route nationale peut ainsi être comparée à une petite route de campagne du Nord du Luxembourg. Aller d’un point A à B peut donc prendre plus de temps que prévu. Sachant qu’au vu des aléas climatiques, il ne faudra pas négliger des pauses bien méritées dans les nombreux pubs qui jalonnent la route. L’adage des quatre saisons en une journée est une réalité en Irlande, il faut donc toujours prévoir les lunettes de soleil en même temps que la veste de pluie, ceci à seulement quelques minutes d’intervalle, cela fait partie du charme!

Mais revenons à notre région de prédilection. Contrairement à la côte Atlantique déchirée par les vents, le sud-est de l’Irlande est un peu plus protégé. C’est pourquoi les touristes irlandais affluent dans les quelques stations balnéaires locales, comme à Tramore avec son école de surf, ses cafés et sa petite fête foraine qui marche plein pot durant la saison estivale. Mais là n’est pas l’intérêt majeur de la région, même si une balade le long de la plage de plusieurs kilomètres est très plaisante. Ici, on ne se marche pas dessus et on peut profiter du calme et de l’espace, le vrai luxe!

La famine, cette tragédie qui a marqué profondément ce peuple

Parmi les attractions de la région, il y en a pour tous les goûts. Les férus d’histoire se rendront à Waterford, la plus vieille cité d’Irlande fondée par les vikings. Ceux plus intéressés par l’histoire contemporaine iront au musée d’Enniscorthy sur la rébellion ratée des «United Irishmen» au temps où catholiques et protestants luttaient ensemble contre l’oppresseur anglais. Le «Famine ship» de Dunbrody reconstitue un des bateaux tristement célèbres qui ont fait voyager des centaines de milliers d’Irlandais fuyant la famine de leur pays entre 1845 et 1849. L’île n’a depuis toujours pas retrouvé sa démographie d’avant la famine, cette tragédie qui a marqué profondément ce peuple.

Les amoureux de la nature ne sont pas en reste puisque les possibilités sont multiples. A noter la «Waterford Greenway» où une ancienne ligne de chemin de fer a été transformé en piste cyclable entre Waterford et Dungarvan. 45 kilomètres de piste en pleine campagne irlandaise, vue sur la côte, passage de ponts et autres anciens tunnels, la balade est superbe, et très appréciée des locaux qui y viennent en promenade, la piste étant jalonnée de parkings pour pourvoir y accéder tout du long. Les loueurs de vélos font les choses bien: formules à la journée, avec récupération en bus à l’arrivée, en vélo classique ou à assistance électrique. Le trajet est à très faible dénivelé, mais les moins sportifs opteront pour la version électrique qui permet de donner un bon coup de pouce sur les derniers kilomètres. C’est vraiment une bonne option, sachant que Dungarvan est une charmante petite ville où les anciens hangars de pêche autour du port ont été restaurés en commerces à la fin des années 90. Le conseil est de finir la balade en vélo à Dungarvan pour pouvoir y flâner, et pourquoi pas finir la journée avec la cuisine raffinée de Paul Flynn, le chef irlandais de «Tannery» qui réinvente la cuisine traditionnelle avec des produits locaux, un délice!

Pour les amoureux de randonnées, les «Comeragh mountains» ne sont pas très loin. Tous les éléments de la carte postale sont là: moutons à profusion qui se promènent à flanc de montagne, paysages bucolique, à l’arrivée la vue est superbe sur deux lacs naturels où l’on pourra improviser un pique-nique. Quand on parle de «montagne» en Irlande, il faut bien s’entendre sur le terme. Certes, il fait frais et il faut bien se préparer à toute éventualité climatique, mais en terme de dénivelé nous ne sommes pas en haute montagne. Plusieurs randonnées sont proposées dans la «Nire Valley», les panneaux sont faciles à suivre au nord de Dungarvan, dans la micro-bourgade de Ballymacarbry. Une fois au parking de départ, plusieurs itinéraires sont proposés, avec des panneaux tout du long, plutôt pratique.

Evidemment, encore une fois, les pubs sont là pour se remettre de ses émotions. Les Irlandais étant férus de musique, les sessions de musique traditionnelle sont nombreuses, une belle façon de finir la journée, au coin du feu avec une bonne Guinness bien entendu!

visitwaterfordgreenway.com - tannery.ie