LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Coronavirus ou pas: le Luxembourg reste la porte d’entrée pour l’Europe

Les yeux rivés sur son smartphone, Zhujun Xie lit le décompte des victimes du coronavirus sur le réseau social chinois WeChat. «Le nombre de nouveaux cas semble se stabiliser», dit la présidente de ChinaLux.

Selon la chambre de commerce sino-luxembourgeoise aucun de ses 180 membres ne ressent un impact du coronavirus sur ses activités tant la quarantaine est relativement récente et les congés du nouvel an lunaire chinois ont de toute manière fait tourner l’économie au ralenti. C’est surtout dans le tourisme et le transport de marchandises que l’impact devrait être le plus perceptible, pointe Jacques Bortuzzo, vice-président de l’a.s.b.l., qui souligne des risques potentiels accrus en cas d’isolement prolongé du géant économique.

Le coronavirus a poussé ChinaLux à annuler sa traditionnelle réception de nouvel an le 12 février dernier «par solidarité avec ses partenaires chinois», écrit l’association sur son site web. Car nombreuses sont les célébrations de l’an neuf à avoir été supprimées dans l’Empire du Milieu. Clairement, l’année du rat n’a pas débuté dans la joie attendue.

Appel aux dons

ChinaLux invite d’ailleurs les membres qui le souhaitent à faire un don, tant financier que matériel, pour faire face à l’épidémie en Chine. Et puis, l’organisation fondée en 2013 maintient le reste de ses activités avec le mois prochain un évènement dédié aux femmes suivi en avril d’une dégustation de vins puis en mai d’un rendez-vous autour de la durabilité. «Le but est de rassembler les gens qui font des affaires avec la Chine», résume Jacques Bortuzzo.

Le membership de ChinaLux se diversifie de plus en plus. Si 60% environ de ses membres sont actifs dans la finance, le reste est à l’image des relations économiques entre le Grand-Duché et l’Empire du Milieu: étoffé avec aussi bien l’équipementier automobile IEE que le transporteur Cargolux.

Bien entendu, la finance reste majoritaire avec non seulement des banques mais aussi des gestionnaires d’actifs, des cabinets d’avocats et de consultance. Quant aux fintech dont on parle pas mal dans les médias, notons qu’Alipay et PingPong disposent pour l’instant d’une licence de la CSSF. «Quelques autres figurent dans le pipeline», croit savoir Zhujun Xie.

Car si le Luxembourg est évidemment restreint de par son exiguïté, c’est bien l’ensemble du marché européen que considèrent les compagnies chinoises dans leur demande d’agrément. «Le Luxembourg est considéré comme un hub européen», précise Jacques Bortuzzo.

La Chine l’a bien compris puisque les sept banques de l’Empire établies au Luxembourg y hébergent leur siège européen. Et puis, selon le cabinet PwC, 78% des fonds européens investissant en Chine continentale sont des fonds luxembourgeois.

Aucun doute pour ChinaLux: les relations étroites entre la Chine et le Luxembourg ne sont pas grippées par le coronavirus et conservent des fondements solides.


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