CLAUDE KARGER

Que la France donne un signe fort aujourd’hui contre l’antisémitisme!

Jeudi dernier, quatorze partis politiques avaient appelé à des rassemblements partout en France, mais en particulier sur la Place de la République dans un contexte où les attaques antisémites prennent de l’ampleur. En début de semaine dernière, un bilan du ministère de l’Intérieur avait certes montré un recul des actes antimusulmans mais une augmentation de 74% des menaces et violences visant les Juifs. 541 ont été recensés l‘an dernier , dont 81 actions antisémites violentes, parmi lesquelles un homicide. Avec 808 de ces actes ignobles, 2015 avait marqué un triste record.

Samedi, le monde entier a pu assister à une scène effroyable: des quidams affublés de gilets jaunes qui menaçaient le philosophe Alain Finkielkraut, rencontré au détour d’une rue.

L’Académicien a eu droit à des invectives du genre «sale sioniste de merde, barre-toi!», «rentre chez toi en Israël!» ou «tu iras en enfer, tu vas mourir», braillées par des individus à visage découvert.

Se faire attaquer, se faire prendre à partie dans la rue comme ça, dans la capitale de la «patrie» des Droits de l’Homme, tout simplement parce que l’on est Juif, c’est inadmissible et doit être condamné à l’unison par tous.

Les relativiser en soulignant qu’après tout, le gros des gilets jaunes n’aurait rien à faire avec les assaillants de Finkielkraut, cela ne vas pas. Détourner l’attention sur d’autres événements ou même sur les positions de Finkielkraut, qui sont loin de faire l’unanimité, ou verser dans toutes sortes de théories complotistes comme quoi le gouvernement manipulerait les images de l’incident etc, cela ne va pas.

Depuis ses débuts, le mouvement des «gilets jaunes», dont le combat pour contre la vie chère et les fractures tant sociales que terroriales est juste à la base, s’est fait infiltrer par des radicaux de toutes trempes dont certaines n’hésitent pas à «casser» - la propriété d’autrui, des policiers, des journalistes, des monuments symboles de la République etc. - et/ou abusent des marches jaunes pour répandre leur racisme, leur anti-sémitisme ou leur homophobie.

On a vraiment l’impression que les ignominies qui déferlent tous les jours sur les réseaux sociaux, ont été portées dans la rue ces derniers mois.

Le mouvement des gilets jaunes, quoique ouvert et horizontal, doit trouver les moyens pour se départager des vils et violents démons qui le hante, sinon il risquera inéluctablement de terminer dans l’impasse. Déjà, selon des sondages parus la semaine passée, plus de la moitié des Français souhaiterait que le mouvement s’arrête.

Non, les haines ne seraient pas bannies pour autant. Car elles ont la dent dure partout et on ne peut en venir à bout qu’en promouvant les échanges entre communautés, en renforçant les moyens pour les faire découvrir surtout aux jeunes générations et en rappelant sans cesse le malheur dans lequel l’intolérance et l’effondrement de l’Etat de droit peut plonger des pays et des continents entiers.