LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Pierre Gramegna a annoncé l’arrivée de la Bank of Communication

Les liens se renforcent entre la Chine et le Luxembourg. Hier, le ministre des Finances a annoncé l’implantation de la Bank of Communications au Grand-Duché. «C’est la cinquième plus grande banque de Chine», explique Pierre Gramegna. L’an dernier, l’institution a enregistré un chiffre d’affaires de 130.658 millions de RMB, soit plus de 16 milliards d’euros en hausse de 6,7%. Et au premier semestre de cette année, la banque détenue majoritairement par le ministère chinois des Finances a vu ses revenus croître de 4,7%, à l’équivalent de 5,8 milliards d’euros. Désormais, «le Luxembourg compte les six plus grandes banques chinoises.» Et c’est vrai que la liste s’allonge, en particulier depuis cette année où trois institutions ont annoncé leur intention d’établir leur siège européen au Grand-Duché. Un phénomène qui va de pair avec les efforts de promotion de la place financière, via notamment Luxembourg For Finance.

Rallye mondial

Hier, l’organisation a présenté son programme pour les mois à venir avec en ligne de mire douze rendez-vous dont quatre déplacements clés. En novembre, une mission économique est prévue au Brésil avec une délégation d’hommes d’affaires et la présence du Grand-Duc héritier et de la princesse Stéphanie. L’objectif? «Montrer davantage la présence du Luxembourg et rebondir sur l’internationalisation de l’économie brésilienne», appuie le ministre. Le mois suivant, la finance islamique sera à l’honneur avec une participation à une conférence sur le sujet, au Bahreïn. Ensuite, place à une mission économique à Milan, avant de mettre le cap sur Séoul, Tokyo et Hong Kong, «une halte traditionnelle importante pour l’industrie des fonds», explique Pierre Gramegna.

Bref, le Luxembourg entend mieux se faire connaître et mise sur quatre piliers à savoir: la gestion de fortune, l’assurance et la réassurance, le financement international et les fonds d’investissement. À ce propos, le ministre a fait savoir qu’après «l’excellent cru» 2013, cette année se profile bien, avec «une croissance à deux chiffres des avoirs.» Le Luxembourg mise également sur de nouvelles niches telles que la finance «fintech» dont le besoin d’infrastructures spécifiques, telles que pour le Bitcoin par exemple, réserve un certain potentiel. Autre corde à l’arc du pays, c’est le Freeport dont l’inauguration approche.

Une autre collaboration chinoise?

Mais ce n’est pas tout: le Luxembourg pourrait prochainement s’associer à un projet d’envergure. Une banque asiatique d’investissements dédiée au financement des infrastructures limitrophes à la Chine est en cours de gestation. «Les autorités chinoises ont demandé au Luxembourg de participer au lancement de cette banque», révèle Pierre Gramegna. D’après le ministre, le projet associerait 20 à 30 États asiatiques ainsi que des économies développées situées hors de l’Asie, en tant que membres fondateurs et actionnaires. «Nous étudions le sujet», explique le responsable qui souligne que la question sera tranchée par l’ensemble du gouvernement. C’est lundi dernier, lors d’une entrevue avec son homologue chinois que le sujet a été abordé. Le Grand-Duché a également mis en avant le rôle qu’il pouvait jouer dans l’internationalisation croissante des finances chinoises. Il faut dire qu’avec une note AAA, une orientation résolument internationale, une coopération entre les secteurs publique et privé forte et un accent mis sur l’innovation, le Luxembourg entend plus que jamais tirer son épingle du jeu sur la scène de la finance mondiale.