LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Le secteur de l’assurance tente de se préparer au big data

C’est un fait incontestable: aujourd’hui, des entreprises comme Google ou Apple en savent plus sur votre vie que votre conjoint(e). Ne parlons même pas de votre GPS ou de votre montre intelligente, si vous en possédez une. Face à ces évolutions et aux flux de données qu’elles génèrent - le big data - les questions pullulent chez les assureurs. KPMG en a réuni des dizaines hier après-midi autour d’un panel de discussion riche en enseignements. Tout d’abord, «le Luxembourg est plutôt en retard», selon Gérald Claessens. Le CEO de l’agence Knowledge, la première agence partenaire de Google au Luxembourg, en veut pour preuve les investissements élevés requis dans le big data, qui poussent les firmes à opter pour de plus grands marchés.

L’exception qui confirme la règle

De son côté, Daniel Frank a pris le pari du big data à l’échelle luxembourgeoise avec «Game of Roads». Le Chief Operating Officer de Bâloise Luxembourg s’apprête à clôturer l’opération samedi et, s’il n’évoque pas de chiffres, il parle d’un budget «élevé mais à la portée d’une société comme la nôtre». En mars, la compagnie d’assurances a lancé une application mobile qui propose aux utilisateurs de calculer un «drive score» sur base des accélérations, des freinages, de la vitesse, etc. Pour chaque trajet, l’application génère des points bonus qui donnent droit à des prix. «Ce qui intéresse les gens, c’est la combinaison entre les éléments ludiques et la prévention», assure Daniel Frank. Pour l’assureur, cela permet de recueillir des données sur la conduite des clients et d’inciter à la prudence, précise-t-il. Et si le responsable reconnaît que l’outil a un coût, il peut selon lui permettre des «économies techniques avec un impact sur la sinistralité».

Big Brother? Même pas peur!

Autre enseignement de ce panel: «La question de la confidentialité des données n’a été posée par aucun utilisateur», explique le COO. Il précise avoir impliqué la CNPD dès le début et que les données précises sur la conduite reste anonymes. Il faut dire aussi que l’application s’adresse à un public plutôt jeune, en témoigne le renforcement de la présence de la compagnie sur les réseaux sociaux. Pour Gérald Claessens, «les plus jeunes ne font plus vraiment attention à l’aspect protection des données». Ils sont omniprésents sur Facebook et savent que les données qu’ils y publient sont utilisées à des fins commerciales. D’autres éléments dissipent les craintes des usagers, selon le CEO de Knewledge, comme le fait que très peu d’entreprises ont la capacité de collecter et traiter les volumes de données et qu’il est encore possible de garder un tas d’informations anonymes.

Une lecture qui certes, ne s’adresse pas à l’ensemble de la population, mais qui a un certain poids. Aujourd’hui, l’ère de la révolution digitale a sonné et plus de 50% de la population mondiale a moins de 30 ans.