LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

La joaillière Fabienne Belnou impose sa marque en lançant sa première collection dédiée au Luxembourg

Depuis 26 ans, Fabienne Belnou a conquis une clientèle exigeante en proposant des bijoux fait main et sur-mesure. Cette année, elle sort pour la première fois une série thématique sur le Luxembourg. Le «Roude Léiw» est mis à l’honneur et sublimé via les or blanc, rose et jaune de la collection. La créatrice a commencé à Luxembourg dans une petite galerie d’art, avec quelques créations. Aujourd’hui, la joaillière est une véritable cheffe d’entreprise, avec sa demi-douzaine d’employés qui s’affairent dans sa boutique, rue du Marché aux Herbes. L’adresse est chic, l’accueil est sobre mais chaleureux.

Au sous-sol c’est là que la magie opère: les petites mains travaillent sur des pierre précieuses et des matériaux nobles. Ici, tout est possible ou presque. Les clientes, puisqu’il s’agit principalement de femmes, savent ce qu’elles veulent et se font plaisir. Aussi bien pour de belles occasions que pour donner un coup de neuf à de vieux bijoux de famille. «C’est toujours gratifiant de voir des bijoux toujours portés quinze ans après», raconte la joaillière qui justifie son savoir-faire en insistant sur le sur-mesure. Il y a quelques mois, une cliente vient avec une broche héritée d’une ancêtre. En photo la broche est énorme, sertie de diamants et saphirs, mais importable en 2019. Le bijou est confié à Fabienne Belnou qui travaille avec son équipe pour magnifier les pierres. De la broche, des colliers, boucles d’oreille et bagues vont naître. Une dizaine de «nouveaux» bijoux au total qui représente 6 à 8 mois de travail minutieux pour des bijoux devenant à leur tour uniques.

Si le sur-mesure a un prix, Fabienne Belnou revendique sa différence. Les clients ne vont pas chez elle par hasard: «La plupart des bijoutiers importent leurs produits, il y a aujourd’hui des usines en Chine qui ont rendu le processus quasi industriel. C’est plus compliqué pour le sur-mesure car j’achète métaux et pierre précieuses individuellement», explique la créatrice qui se partage entre une moitié de commandes de clients, et l’autre par ses créations qui sont mises en avant dans la boutique et sur les réseaux sociaux. Pour une collection complète, il faut de trois mois de travail à un an, alors pour les fêtes de fin d’année, cela fait un moment qu’elle se prépare.

Avec de petites vitrines dans les hôtels de luxe, ou sur LëtzShop pour le digital, Fabienne Belnou veut viser une clientèle mondiale, maintenant qu’elle est bien établie et connue des Luxembourgeois: «En 2020 nous allons faire une refonte complète du site marchand pour attirer une clientèle plus internationale, c’est pour cela que différentes collections vont voir le jour». Aidée d’une amie qui exerce dans le prêt-à-porter de luxe en Corée du Sud, les créations de Fabienne Belnou ont été exposées dans sept différents points de vente lors de la fashion week en 2018. Dans quelques mois, elle s’envolera elle-même à Séoul pour présenter son travail et élargir sa clientèle. Un projet de «made in Luxembourg» qui est soutenu par la Chambre de Commerce. La joaillère a fait le choix de consacrer sa première collection au Luxembourg, et ce n’est pas un hasard: «Je voulais rendre hommage au pays qui m’a adopté il y a 26 ans et pour lequel je dois beaucoup. Tous les bijoutiers à Luxembourg sont des hommes, j’ai du faire ma place, mais aujourd’hui il est temps de redonner un peu». Elle s’y emploie en produisant notamment 50 bracelets en argent pour la Croix-Rouge au prix de 120 euros. Tous les bénéfices seront reversés à l’organisation, une façon pour la créatrice de montrer sa gratitude, mais elle tient à son savoir-faire: «Cela reste de l’artisanat, cela a beau être une série, toutes les pièces sont fait main». Pour la collection Luxembourg, ll faudra compter sur un budget de 495 euros pour les bracelets «Kroun», 620 euros pour les boucles d’oreille sans diamants. L’or ne se démode pas à travers l’âge, c’est un atout. Et de taille.

www.fabiennebelnou.com