LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Le Forum de la sécurité et de la santé au travail a fait le plein mercredi à la Chambre de Commerce

L’adage est connu: mieux vaut prévenir que guérir. Cela est d’autant plus vrai lorsqu’il n’est pas possible de guérir. Le témoignage de Pedro présenté mercredi en ouverture du Forum de la sécurité et de la santé au travail était fort, car le jeune homme a perdu 70% de son foie après avoir été écrasé par une nacelle sur son lieu de travail.

Au Luxembourg, le taux de fréquence des accidents du travail stagne depuis 2011 autour de 5%, à 4,81% précisément en 2017. Un taux encore éloigné des 4,3% fixés par l’INDR, l’UEL et l’AAA dans le cadre de l’initiative Vision Zero lancée voici trois ans.

«Il y a une certaine progression», a commenté devant une salle comble le ministre de la Sécurité sociale, Romain Schneider. Celui-ci a souligné l’introduction du principe de bonus-malus pour récompenser les entreprises qui font un effort supplémentaire en matière de santé et de sécurité au travail. Mais le but de diminuer de 20% le taux de fréquence des accidents sur sept ans est encore lointain.

Retours sur investissement

«Tout accident du travail est évitable et ne relève pas de la fatalité», a insisté dans son intervention le président de la Chambre des Métiers, Tom Oberweis. Celui-ci a salué le nombre croissant d’entreprises impliquées dans l’initiative Vision Zero: elles sont plus de 170. Celui qui est aussi vice-président de l’UEL a aussi insisté sur les multiples retours sur investissement des entreprises qui s’activent dans la prévention des accidents du travail: sensibilisation du personnel, motivation à diminuer les sources de risque, diminution du temps des arrêts, renforcement des conditions de travail, amélioration du bien-être et de la culture d’entreprise et aussi meilleur esprit d’entreprise. «Ici, l’entreprise a tout à gagner».

Johan Remmery en sait quelque chose: ce consultant spécialisé en santé et sécurité au travail a créé sa propre société, Puzzel. Son but? Sensibiliser au maximum au danger des accidents du travail et cela, prioritairement auprès des personnes qui évoluent sur le terrain, puisqu’elles sont les plus exposées aux dangers. Chiffres à l’appui, le conférencier a montré que dans les 28 pays de l’UE, 476 milliards d’euros pourraient être économisés chaque année s’il n’y avait pas d’accidents du travail.

Si ce terme renvoie souvent dans l’imaginaire collectif à un ouvrier qui se retrouve heurté par un engin de chantier, il concerne aussi les cols blancs à bien des égards et renferme aussi beaucoup d’accidents de trajets. Au Luxembourg, ceux-ci constituent la majorité des 15.780 accidents comptabilisés à ce jour.

«La sécurité n’est jamais le fruit du hasard», a insisté le consultant qui s’est aussi adressé aux dirigeants d’entreprises. Des workshops de quatre heures sont organisés pour les CEO. Objectif? Les sensibiliser aux sept règles d’or de Vision Zero et introduire un changement de culture en entreprise, une mission ardue au dire de l’orateur.

«La sécurité, il faut la voir comme une opportunité d’affaires», a-t-il plaidé. Des managers au personnel sur le terrain, la sécurité au travail est plus que jamais l’affaire de tous.

www.visionzero.lu