LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

La plateforme Supermiro a dû s’adapter face à la crise

Le confinement ne fait pas les affaires de Supermiro, la start-up basée à Luxembourg qui propose habituellement tous les bons plans sortie près de chez soi: «A partir de la mi-mars, tous les événements ont été annulés, nous nous sommes alors concentrés sur les bonnes adresses, mais 48h plus tard, tout a fermé», explique la fondatrice Elfy Pins. Lors d’un dernier brainstorming physique avec l’équipe avant la mise en place du télétravail, Supermiro s’est vu face à deux choix: arrêter tout simplement ou relancer avec une autre vision. «Nous avons recodé la moitié de la plateforme pour dénicher des événements online, car jusque là la plateforme était attachée à la géolocalisation de l’utilisateur et à des dates via nos algorithmes que nous avons dû modifier car ils n‘étaient pas configurés pour ça à la base».

«Nous faisons actuellement du bénévolat»

Supermiro doit alors refaire le plein de bonnes adresses digitales et fait la chasse sur les groupes de parents, de yoga, de sport pour dénicher les bons plans. La plateforme s’est également enrichie d’adresses qui permettent la vente à emporter ou les livraisons: «Nous avons fait le choix de privilégier les commerces et initiatives locales pertinents pour nos utilisateurs», indique la dirigeante qui s’est trouvée noyée dans une multitude d’initiatives pour tenter de lister tous les commerces encore ouverts: «Nous avons contacté la Ville de Luxembourg, avec qui nous travaillons d’habitude, mais pas de réponse de leur part». En attendant la reprise, la start-up doit faire preuve d’une grande créativité pour garder son audience: «Dès le 19 mars nous avons mis en place des „canap event“ où nous nous filmons avec les moyens du bord pour des cours de cuisine avec un chef, un blind-test avec un musicien local, nous avons une danseuse à venir ainsi qu’un cours de cocktail».

Si Elfy Pins et son équipe gardent le sourire, du côté de la trésorerie on est moins à la fête: «Nous faisons actuellement du bénévolat, bien sûr nous continuons d’alimenter la plateforme pour garder notre notoriété, voire l’amplifier, mais plus rien ne rentre, il ne faudrait pas que la crise dure six mois», explique la chef d’entreprise qui emploie neuf salariés et plusieurs freelance.