LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Le tourisme se porte très bien en Europe mais pas au Luxembourg qui figure en bas du tableau - explications

Le secteur du tourisme a pris une ampleur sans précédent ces dernières années. Les vols à des prix attractifs, la multiplication des «city trips», tout le monde ou presque voyage. Il est tellement facile de réaliser une escapade que les Européens en profitent, et notamment dans leur pays d’origine mais aussi chez les voisins. Le tourisme est devenu en quelques années un secteur incontournable pour de nombreux pays, à côté des poids-lourds traditionnels que ce sont la France et l’Espagne qui continuent d’attirer la majorité des visiteurs. Mais les autres pays membres de l’Union européenne ne sont pas en reste et tout le monde ou presque profite de cet engouement, jusqu’à l’écœurement (voir encadré) parfois avec des villes qui ne sont pas faites pour attirer autant de foules de touristes et qui planchent pour limiter les effets pervers d’un tourisme trop important pour les habitants.

L’Europe attire donc de plus en plus de touristes, résidents et non-résidents qui restent dans leur pays ou au contraire choisissent de voyager, si l’on en croit les derniers chiffres d’Eurostat publiés mercredi. Ainsi le nombre de nuitées dans l’Union européenne a progressé de 2% en 2018 en moyenne, ce qui représente plus de 3,1 milliards de nuitées au total.

A noter que par «nuitées», l’organisme européen ne comptabilise que les «hébergements touristiques», à savoir les hôtels, locations de courte durée et autres campings. Autrement dit, les plateformes comme Airbnb ne sont pas pris en compte dans les comptes d’Eurostat: «Nous ne considérons que les hébergements à partir de dix lits», précise Krista Dimitrakopoulou, d’Eurostat.

Luxembourg est en bas de tableau avec un recul de 4,3%

Dommage, car le phénomène de sites collaboratifs comme Airbnb est loin d’être anecdotique, en particulier dans les grandes villes européennes comme Barcelone ou Amsterdam, certaines ayant déjà pris des mesures pour limiter le phénomène. Des milliers de visiteurs, attirés par des prix parfois plus attractifs que les hôtels de toute façon complets et des logements bien situés en centre-ville, font le malheur de certaines co-propriétés avec un ballet incessant de valises à roulettes bruyantes dans les parties communes ainsi que des hôtes pas forcément respectueux d’un voisinage résidentiel.

En 2018, c’est l’Espagne qui a attiré le plus de touristes, avec 467 millions de nuitées, avec une légère baisse de 0,9% par rapport à 2017. La France est derrière avec 44 millions de nuitées, en progression de 2,4%, puis l’Italie (429 millions, soit une progression d’1,9%) et l’Allemagne (419 millions, soit +4,3%). A mentionner que lorsque l’on parle de tourisme, il s’agit autant de voyages d’affaires que de loisirs.

Eurostat a noté une augmentation du nombre de nuitées dans la plupart des Etats membres, mention spéciale pour la Lettonie (+8,3%), la Lituanie (+7,7%) et Malte (6,5%) qui enregistrent les meilleurs progressions au sein de l’UE. Les trois seuls pays qui ont enregistré une baisse sont l’Espagne (-0,9%), l’Irlande (-1,5%), Luxembourg est en bas de tableau avec un recul de 4,3%.

Pourtant le ministère du Tourisme présentait en août dernier de très bons chiffres pour le premier semestre 2018, une augmentation de 4,1% du nombre de nuitées dans des hébergements «marchands», soit trois millions au total.

Pour l’agence «Luxembourg for Tourism», cette augmentation confirmait une évolution positive du secteur ces dernières années. Les chiffres s’expliquaient surtout par une progression de 15% pour les campings et de 10% pour les auberges de jeunesse, l’ouverture à Esch-sur-Alzette ayant boosté les chiffres pour les auberges de jeunesse.

Deux explications: les nuitées se sont effondrées au deuxième semestre après un été pourtant très ensoleillé en 2018, ou alors Eurostat ne se base pas sur les mêmes chiffres que le ministère du Tourisme. Contacté par nos soins, «Luxembourg for Tourism» ne pouvait pas confirmer hier les chiffres d’Eurostat pour l’ensemble de l’année 2018 et n’était pas en mesure de commenter cette baisse.