LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Les énergies renouvelables progressent au Luxembourg d’après le bilan de l’ILR

Le Luxembourg se veut un peu plus vert dans sa production d’électricité: les sources d’énergie renouvelable ont augmenté de 14% depuis 2017, soit 688 GigaWatt. C’est une première car cela représente plus de 10% de la consommation nationale. Mais si la part d’énergies renouvelables progresse, c’est aussi que le Luxembourg est plus gourmand en électricité. Ainsi, le rapport de l’Institut luxembourgeois de régulation (ILR) indique que le gestionnaire de réseau de transport (GRT) projette sur son réseau une croissance de 70% jusqu’en 2033. Même qu’il n’y a pas eu de développements significatifs de nouvelles capacités de production en 2018 (la capacité de production reste constante à 425 MW, dont 315 MW de capacité renouvelable), on peut néanmoins s’attendre à une reprise en 2019 étant donné que plusieurs dizaines de MW sont en cours de réalisation dans les domaines éolien, solaire et biomasse.

Sur les 6.611 GigaWatt consommés au Luxembourg, seule une petite partie est fournie localement. 933 GWh, dont 147 GWh sont exportés vers la Belgique. Nos voisins belges qui nous fournissent à leur tour de 386 GWh, la France de 1.302 GWh, mais c’est l’Allemagne qui fournit principalement l’électricité consommée au Luxembourg, soit 4.137 GWh au total. La charge sur les réseaux étant de plus en plus importante, l’ILR recommande dans son rapport que le Luxembourg investisse dans de nouvelles capacités de réseau, les technologies permettant de déplacer les charges vers les heures creuses.

Des prix très compétitifs

Si les énergies renouvelables ont le vent en poupe, les Luxembourgeois sont encore très peu à se mettre à l’autoconsommation, c’est à dire produire sa propre électricité pour sa consommation personnelle. Beaucoup de petits producteurs ne sont pas conscients qu’ils peuvent utiliser leur production photovoltaïque en premier lieu pour couvrir la consommation de leur ménage et injecter uniquement le surplus dans le réseau de distribution.

Cette faible percée s’explique sans doute également par le fait qu’il est actuellement économiquement plus intéressant de profiter des tarifs d’injection réglementés pour l’ensemble de la production électrique au lieu de consommer soi-même l’énergie qu’on produit et de bénéficier du tarif d’injection pour la seule partie de l’électricité injectée dans le réseau de distribution. Néanmoins, pour les centrales qui ne sont pas ou qui ne sont plus éligibles aux tarifs d’injection réglementés, l’exploitation en mode autoproduction est d’office économiquement avantageuse par rapport à l’exploitation en mode injection complète de la production électrique.

Comparer les offres sur calculix.lu

Il faut dire que les consommateurs ne sont pas matraqués par les prix, dans un marché que se partagent dix entreprises de fourniture d’électricité. Même avec une augmentation de 5% du prix total de l’électricité pour les ménages (contre 6% pour le gaz), le prix reste très compétitif au Luxembourg comparé à ses voisins belges et allemands. C’est plutôt les PME/PMI qui ne s’y retrouvent pas par rapport à leurs voisins, pour ces dernières la facture est plus lourde. Parti de ce constat, les consommateurs ne sont donc pas poussés à aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs. Ainsi, seulement 412 ménages sur un total de 312.815 ont changé de fournisseur d’électricité l’année dernière, 45 pour le gaz sur 90.148 ménages. Le taux est très faible, cela donne 0,1% de taux de changement de fournisseur au Luxembourg en 2018 quand la moyenne européenne était de 7,4% en 2016. L’ILR invite cependant les consommateurs à comparer les offres via leur comparateur en ligne, calculix.lu, pour se faire une idée des différentes offres.

Toujours du côté des consommateurs, les compteurs intelligents sont censés informer les clients de la consommation en temps réel, et donc de fournir des factures plus justes. Plus de 80% des compteurs électriques en basse tension ont été remplacés au 30 juin dernier. Cependant, la communication journalière des données de comptage quart-horaires n’est pas encore assurée du gestionnaire de réseau vers le fournisseur ; il n’existe pas non plus à l’heure actuelle de dispositif «plug and play» sur le marché qui permette aux consommateurs de lire le port de connexion local de leur compteur. Le consommateur n’est donc pas en mesure de disposer aisément de ses données réelles de consommation et que le fournisseur n’est pas en mesure de développer de nouvelles offres flexibles et dynamiques. Les bénéfices du système de comptage intelligent se font encore attendre, regrette l’ILR.