ESCH-SUR-ALZETTE
CATHERINE KURZAWA

Le groupe pâtit de la volatilité des prix de l’énergie

L’année 2012 a été marquée par un contexte particulier. Cette phrase est valable pour la plupart des entreprises, me direz-vous. Mais, dans le cas d’Enovos, elle trouve un sens d’autant plus fort. En effet, avec une forte volatilité du marché de l’électricité et des surcapacités sur celui du gaz, l’énergéticien signe un résultat de 58,3 millions d’euros, soit une baisse de 9,3%. Pis, son résultat avant impôts (EBITDA) fond de moitié, pour s’établir à 43,9 millions d’euros. Quant au bénéfice net, il s’élève à 117,6 millions d’euros soit un léger recul de 0,7%. Soulignons cependant la progression du chiffre d’affaires d’Enovos, de 6,3% à 2.641,7 millions d’euros. La hausse des ventes d’électricité en Allemagne y est liée, indique le groupe. Il compte bien poursuivre sa croissance, via de nombreux investissements. Ces derniers ont permis d’accroître le montant des actifs immobilisés (+9,5%) et celui des capitaux propres (+4,4%), se félicite l’entreprise.

Le vent tourne

Celle-ci a enregistré une progression de ses ventes d’électricité de 2%. Par contre, celles de gaz naturel ont reculé de 3,4%. Des paramètres-clé, quand on sait que le groupe a quasi doublé ses investissements, les portant à 114,3 millions d’euros l’an passé. Car l’avenir réside dans le «mix énergétique.» L’entreprise doit donc s’assurer différentes sources, tant pour le gaz que l’électricité. Pour le premier, des contrats à moyen et à long termes sont complétés par des achats sur le marché spot. Pour la seconde, Enovos mise sur l’éolien terrestre, la biomasse et les panneaux photovoltaïques. Par exemple, plusieurs projets ont été réalisés en Allemagne, notamment à Sarrebruck. Une centrale de biogaz a débuté ses activités à Tongres, en Belgique, tandis qu’un parc éolien devrait bientôt sortir de terre à Souilly, en France. «La production totale d’énergie renouvelable a augmenté de 240 GWh en 2011 à 380 GWh en 2012 (+58%)», souligne le groupe. Ce dernier ralentit ses investissements dans les centrales classiques, mais maintient par exemple son investissement à Vianden.

S’adapter, sans cesse

Au Luxembourg, la consommation d’énergie électrique a baissé de 4% l’an dernier, tandis que celle de gaz naturel a progressé de 1,8%. Une tendance qui s’inscrit dans un contexte règlementaire particulier, avec la nouvelle directive européenne prévoyant d’augmenter l’efficacité énergétique de 20% d’ici 2020. Concrètement, la consommation d’électricité devrait reculer, avec des conséquences directes pour l’énergéticien. Ce dernier entend donc poursuivre sa stratégie de croissance, via davantage d’investissements dans le réseau et les énergies renouvelables. Quant au volet financier, «on compte revenir à un résultat opérationnel à des niveaux de 2011», indique le CFO Guy Weicherding qui ajoute avoir «déjà constaté cette tendance au premier trimestre.» L’an dernier, l’effectif du groupe a augmenté de 6%, à 1.377 personnes au total, dont 992 au Luxembourg.