CATTENOM
JEAN-PIERRE COUR

La centrale nucléaire investit gros pour pérenniser les réacteurs

C’est Thierry Rosso, le directeur de la centrale nucléaire de Cattenom, qui l’a dit lui-même lors de la conférence de presse bilantaire 2018: «Nous faisons le nécessaire pour pérenniser la centrale pour qu’elle atteigne les 60 ans sous le contrôle de l’ASN (Autorité de Sureté Nucléaire: structure indépendante qui contrôle les centrales nucléaires, ndlr) mais il n’y aura pas d’EPR sur le site!». Les EPR, réacteur pressurisé européen, représentent la nouvelle génération de centrales nucléaires.

Ces réacteurs doivent d’améliorer la sûreté et la rentabilité économique des centrales nucléaires. Les évolutions par rapport aux autres centrales précédente est qu’elles doivent limiter les risques d’accidents comme la fusion du cœur du réacteur tout en réduisant les doses de radiations et en diminuant les émissions radioactives en cas de problème. Donc, pas de création d’un EPR sur le site. Il est vrai que la question se posait depuis que l’on avait appris qu’EDF achetait des terrains autour de la centrale.

En fait, et pour expliquer, il faut plutôt parler ici de «régularisation» de quelques hectares sur le périmètre de la centrale puisque cette dernière empiétait sur certains lots qui ne lui appartenaient pas du fait de successions complexes. EDF, par contre se défait aujourd’hui d’autres terrains qui ne lui servent pas. Pour mémoire, le premier coup de pioche du chantier de la centrale s’est déroulé le 16 octobre 1978 et la centrale a vu sa première réaction nucléaire le 25 octobre 1986 avec son couplage au réseau français le même jour.

65% des besoins en électricitédu Grand Est

Lors de la grand’messe annuelle devant la presse, Thierry Rosso notait que la centrale était en bonne santé technique et que malgré des travaux sur différentes tranches de production, Cattenom a fourni en 2018 30,95 milliards de kWh d’électricité, soit 65% des besoins en consommation de la région Grand Est. C’est un peu moins que l’année précédente. «Ce sont ici 30 millions de tonnes de CO2 évitées en 2018», pointait le patron de la centrale, en rajoutant: «EDF est contre le choix de l’électricité carbonée. Contrairement à l’Allemagne par exemple qui, elle, a beaucoup de charbon en sous-sol. Et cette volonté de ne pas user d’énergies fossiles est un choix stratégique qui sera encore vrai dans le futur pour EDF». Il signalait aussi que le «Plan Particulier d’Intervention», va être élargi de 20 kms. Le PPI est un dispositif défini en France pour protéger les populations, les biens et l’environnement des risques particuliers liés à l’existence d’une installation industrielle. La nouvelle extension implique un large débordement sur le Luxembourg et la Sarre.

Un investissementde 158 millions d‘euros en 2018

En termes de sureté et de sécurité nucléaire, en 2018, la centrale a déclaré 44 évènements de niveau «zéro» sur l’échelle INES qui compte 7 échelons et 4 évènements de niveau 1. Concernant la visite décennale de l’unité 2, le réacteur a passé en 2018 avec succès l’examen de l’épreuve hydraulique du circuit primaire, l’inspection de la cuve du réacteur et le test d’étanchéité de l’enceinte du bâtiment réacteur.

Ces travaux ont mobilisés près de 3.000 intervenants, plus de 150 modifications sur les installations ont figuré parmi les 18.000 activités réalisées. A noter aussi qu’en termes d’environnement, 20.000 prélèvements et analyses furent réalisés en 2018. La centrale accueille 1.349 salariés EDF et 795 prestataires permanents. Le site s’enorgueillit d’un investissement de 158 millions d’euros en 2018 dont près de 25% confiés aux entreprises locales et régionales fournissant aussi plus de 100 millions d’euros d’impôts et taxes versés à l’Etat. Enfin, trois arrêts de réacteurs sont programmés cette année pour maintenance et contrôle approfondis pour les unités de production 4, 1 et 3.