LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

La reprise pourrait continuer cette année avant un petit coup de mou attendu en 2019, selon BNP Paribas

Combien de temps la reprise peut-elle durer? C’est la réponse à laquelle Yves Nosbusch a tenté de répondre mardi matin à Luxembourg. L’économiste en chef de BGL BNP Paribas a présenté à la presse un portrait globalement positif de l’année en cours. «Tous les indicateurs avancés sont bien orientés», a-t-il expliqué en citant le taux de chômage à 8,7% en zone euro, la croissance soutenue de la consommation, les taux d’utilisation élevés au niveau de la production, les indicateurs avancés très bien orientés ainsi que la hausse attendue de l’inflation. «On pense que ça serait en 2019 qu’il y aura un ralentissement de la croissance», a avancé le Luxembourgeois.

Un chemin semé d’embûches

Cette année, la croissance du PIB devrait accélérer surtout aux Etats-Unis et dans les pays émergents, tandis qu’une stabilisation est attendue en zone euro, selon les prévisions des analystes de «BNP Paribas Group Economic Research». Celles-ci tablent sur une croissance qui passerait de 2,3% en 2017 à 2,9% en 2018 pour les Etats-Unis et de 4,5% à 4,8% pour les pays émergents. En zone euro, la croissance passerait de 2,3% à 2,4%. A noter que le Royaume-Uni glisserait de 1,5% à 1,2%. «Les effets du Brexit vont commencer à se faire sentir», a commenté Yves Nosbusch.

Ce dernier a souligné que «les taux de croissance sont au-dessus de la croissance potentielle». Par conséquent, «à un moment, il y aura un ralentissement, c’est sûr».

Qui plus est, une série de risques se profile à l’horizon. Il y a tout d’abord celui d’une accélération plus rapide que prévue de l’inflation, «surtout aux Etats-Unis». Cela pourrait pousser la banque centrale américaine (la Fed) à augmenter ses taux directeurs plus rapidement que prévu. Cette année, trois hausses se profilent. Ensuite, on retrouve le danger d’une fin de cycle qui arrive plus tôt que prévu. L’endettement des entreprises américaines est proche de son plus haut historique, tandis que leurs bénéfices sont plutôt orientés à la baisse. L’histoire a démontré que pour les trois crises précédentes, ces deux éléments présageaient d’une récession. L’augmentation de la volatilité sur les marchés financiers constitue une autre épée de Damoclès: elle est aujourd’hui proche des plus bas historiques. En cas de remontée, les primes de risques pourraient augmenter dans de nombreuses classes d’actifs. Enfin, l’endettement chinois continue à gonfler. «C’est une trajectoire insoutenable à terme», a commenté Yves Nosbusch.

Celui-ci a par ailleurs mis en avant une question qui occupe beaucoup les économistes ces derniers mois: pourquoi en dépit d’une baisse du taux de chômage, la croissance des salaires reste-t-elle relativement modeste, tant aux Etats-Unis qu’en zone euro? «Il y a différentes explications», a avancé l’économiste. D’une part, des éléments structurels tels que la digitalisation et la globalisation pourraient peser dans la balance. D’autre part, la dimension psychologique n’est pas à négliger: «Les gens sont habitués à moins d’inflation ces derniers temps. Mais cela peut changer», a-t-il ajouté.

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