LUXEMBOURG
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Nathalie Bollen, directrice par intérim d’Amnesty Luxembourg, salue l’engagement croissant des entreprises pour les droits de l’Homme

Des préoccupations en ce qui concerne le respect des droits de l’Homme, il y en a beaucoup, souligne Nathalie Bollen, la directrice par intérim d’Amnesty International Luxembourg. Elle évoque notamment la situation à Hong Kong, au Yémen, en Syrie ou encore dans les pays d’Afrique centrale dont la presse en Europe ne parle finalement que peu.

Mais en Europe aussi, l’organisation de défense des droits de l’Homme fondée en 1961, voit des points noirs. Comme en Hongrie, où Amnesty maintient un bureau malgré le fait que les conditions de travail deviennent de plus en plus difficiles, les organisations financées par des fonds étrangers étant très mal perçues.

Les entraves à la liberté d’expression inquiétent Nathalie Bollen tout autant que les discours de haine, véhiculés notamment par les réseaux sociaux. Parmi les points positifs pour la défense des droits de l’Homme, Nathalie Bollen évoque «un gouvernement à l’écoute» et un intérête croissant des acteurs économiques pour ces questions.

Amnesty fait notamment partie de l’Initiative pour un devoir de vigilance fondée en mars 2018 et dont le but est d’inciter les entreprises transnationales domiciliées au Grand-Duché de faire face à leurs responsabilités lorsque leurs activités à l’étranger menacent les droits humains et l’environnement.

De l’avis de Nathalie Bollen, les entreprises commencent être à l’écoute. Elle salue notamment la conférence de l’UEL et de l’INDR sur le sujet qui a rassemblé quelque 140 participants le 22 octobre dernier et la mise en place d’un pacte national non-contraignant en faveur du respect des droits de l’Homme.

«Les citoyens sont de plus en plus attentifs à ces considérations et les collaborateurs aussi» constate-t-elle, rajoutant qu’Amnesty préfèrerait un cadre contraignant pour le respect des droits de l’Homme à tous les échelons de la production. «Ce sont des situations à garder à l’oeil», commente Nathalie Bollen la protection des mineurs et la lutte contre les violences faites aux femmes. L’organisation est active sur de nombreuses plate-formes engagées pour différents aspects des droits de l’Homme. Ce soir à 18.00, Amnesty International Luxembourg qui mène en ce moment entre autres une campagne de soutien aux défenseurs des droits de l’Homme (lien: tinyurl.com/AIecrire), organise sa traditionnelle marche aux flambeaux au départ de la Place d’Armes.

Un site pour la reconnaissance de ceux qui se battent pour les droits de l’Homme

Hommage aux défenseurs

Amnesty International Luxembourg, Action Solidarité Tiers Monde, le Cercle de Coopération des ONG, le CPJPO, Frères des Hommes, l’OGBL, la Fondation Partage et SOS Faim, rassemblées au sein du «groupe de travail et d’échange pour les défenseur-e-s des droits humains» lancent le site d’information www.defenders.lu, consacré aux défenseurs et défenseures des droits de l’Homme. Est considérée comme telle toute personne qui, individuellement ou en association avec d’autres, œuvre à la promotion ou à la protection des droits de l’Homme. Un engagement qui n’est pas sans danger. Ainsi, selon les rapports de plusieurs organisations non gouvernementales, le nombre de défenseurs des droits humains assassinés n’a cessé d’augmenter ces dernières années. En 2018, ces assassinats ont concerné 321 personnes dans 27 pays. 77% des assassinés défendaient les territoires, les communautés indigènes et les droits environnementaux. L’Amérique latine enregistre 75% de ces assassinats. Au moins 49% des personnes tuées avaient déjà reçu une menace directe spécifique. 12% des personnes tuées étaient des femmes. www.defenders.lu