LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

L’OCDE a présenté hier son étude économique dédiée au Luxembourg

Le secrétaire général de l’OCDE était en visite hier à Luxembourg pour présenter la dernière édition du rapport sur la situation de l’économie du Grand-Duché. Angel Gurria a rappelé que le Luxembourg reste au-dessus de la moyenne sur bien des points comme le PIB où il est champion de l’OCDE mais aussi la croissance, qui est attendue à 2,2% cette année et même à 2,6% l’an prochain.

«Cette success story doit continuer», a appuyé le responsable qui a présenté une série de recommandations en ce sens. Le secteur financier reste le moteur de l’économie et contribue à 27% de la valeur ajoutée du pays, contre 10,5% en Suisse et 8,2% au Royaume-Uni. Mais cette forte exposition n’est pas sans risque, raison pour laquelle l’organisation a plaidé hier pour une diversification de l’économie.

Celle-ci passe par les clusters, le soutien aux entreprises et en particulier les PME sans oublier les partenariats avec l’Uni. «C’est très étrange, vous coopérez plus avec des instituts de recherches étrangers que domestiques», a pointé Angel Gurria. À côté de cela, un coup de pouce aux dépenses en Recherche & Développement, et la poursuite des négociations entourant la lutte contre l’érosion de la base d’imposition figurent parmi les autres recommandations. Toujours au sujet de la place financière, l’OCDE préconise des plans de résolutions et une évaluation exhaustive des risques. Il est aussi question du taux de travail des femmes, inférieur à la moyenne, sans oublier le redoublement scolaire. En moyenne au Luxembourg, les élèves du secondaire sont contraints de prolonger leur cursus de deux ans, ce qui le place à la deuxième plus mauvaise place du classement juste derrière la Belgique.

Des avancées présentées

Avec 7,2% de taux de chômage attendu en 2015, le Luxembourg reste bien orienté par rapport aux autres pays même si ce taux a quasi doublé en dix ans. «Cette analyse nous rassure mais même si elle nous rassure, elle ne doit pas nous aveugler», a répondu le ministre des Finances. Pierre Gramegna a passé en revue les actions prises par le gouvernement tout en rappelant les avancées du pays sur le front de l’échange d’informations bancaires, de l’ouverture internationale mais aussi des nouvelles niches de la place financières telles que la finance islamique, le RMB et le domaine de la FinTech. Et si la finance pèse plus d’un quart du PIB, elle ne représente que 11% de l’emploi total. «On peut y voir la valeur ajoutée de notre place financière», a commenté le ministre. Au sujet de la R&D, il rappelle que les aides sont passées de 30 millions d’euros en 2000 à 300 millions d’euros aujourd’hui. Quant à l’insertion des femmes sur le marché de l’emploi, Pierre Gramegna mise beaucoup sur le nouveau modèle du congé parental et sur l’idée de passer à l’individualisation de l’impôt. Bref, autant de chantiers qui se profilent à l’horizon. Voilà qui pousse Angel Gurria à insister: les réformes en appellent d’autres pour former un défi constant.

www.oecd.org