LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Les résidents luxembourgeois mettent davantage de côté que leurs voisins, selon ING

Ils ne sont que 13% à estimer ne pas avoir suffisamment d’économies. Les résidents luxembourgeois sont plutôt prévoyant, à en croire la dernière édition de l’«ING International Survey» à paraître lundi.

On y apprend que le Luxembourg se positionne comme le champion de l’épargne en Europe. Au fil des années, le taux de répondants estimant avoir des économies est stable au Grand-Duché, alors qu’il progresse depuis 2017 dans la moyenne européenne. Quant au montant épargné, il dépasse dans 19% des cas un an des revenus nets du ménage. «Les frontaliers ne sont pas pris en compte dans l’étude», souligne Ingrid Ballesca, «Market Intelligence Analyst» chez ING Luxembourg. On peut supposer que la décision de travailler en tant que frontalier tient en partie compte du coût élevé du logement au Luxembourg, source d’étranglement financier pour les personnes à plus faibles revenus.

Quant aux répondants qui ne parviennent pas à économiser, c’est d’abord parce qu’ils disent ne pas gagner suffisamment d’argent. De tous les pays étudiés par ING, les fins de mois dans le rouge sont les moins fréquentes au Luxembourg, avec seulement un tiers de réponses positives contre la moitié en moyenne européenne. On constate aussi que les fins de mois difficiles sont plus fréquentes pour les personnes âgées entre 25 et 54 ans, au cœur de la vie active et des dépenses importantes, à commencer par celles liées à l’acquisition d’un logement. Avec un taux de 49%, «les 35-44 ans sont les plus exposés aux fins de mois difficiles», pointe l’analyste.

Les résidents luxembourgeois se distinguent aussi par leur propension à sortir leur carte de crédit si leur compte en banque est à sec. Ils sont 38% à le faire, contre 28% en moyenne européenne. Mais la majorité des réponses, 82%, tendent vers une solution plus raisonnable: réduire les dépenses.

La retraite, sans soucis

61% des européens qui ne sont pas encore retraités craignent de ne pas avoir assez d’argent à ce moment-là, c’est davantage qu’au Luxembourg où le taux est à 57%. Celui-ci cache toute de même une forte disparité: ils sont 60% à s’inquiéter parmi les résidents étrangers, contre 53% parmi les Luxembourgeois. «Peut-être que les Luxembourgeois ont l’image historique que l’Etat a toujours été là», analyse Ingrid Ballesca. Quand on leur demande sur qui compter à la retraite, les répondants du Grand-Duché ne citent leur famille que dans 4% des cas, contre 7% dans la moyenne européenne. Le poids des expatriés peut se faire sentir dans cette réponse, qui montre qu’«on compte moins souvent sur la famille au Luxembourg».

Autre enseignement, «les plus jeunes sont plus confiants de récupérer ce qu’ils ont versé dans le système», entendez par là les cotisations pour la pension. Dans l’ensemble, 47% des répondants au Luxembourg s’attendent à recevoir moins qu’injecté, c’est nettement plus que les 39% à l’échelle européenne.

Quant à l’âge de la retraite, il est au Luxembourg très proche des attentes des répondants, à 61,3 ans soit le plus bas juste après la Turquie (57,6 ans). A noter qu’un répondant sur cinq au Grand-Duché n’a pas d’âge prévu pour sa retraite.

A côté de la retraite versée par l’Etat, pour laquelle d’ailleurs un répondant sur deux ignore le montant épargné, se trouvent le deuxième et le troisième pilier. Pour ce dernier, 47% de l’échantillon luxembourgeois dit y cotiser, ce qui reflète une forte percée des produits éligibles à l’article 111 bis. «Chez les 18-34 ans, 37% déjà disent épargner pour leur pension, un taux élevé en comparaison aux autres pays», montre Ingrid Ballesca. A noter qu’un interrogé sur deux bénéficie d’un plan du 2ème pilier, financé par son employeur.

Dépenser, mais pas économiser

Les applications mobiles dédiées aux achats ou aux transactions trouvent leur public au Luxembourg, avec une personne sur deux qui dit y recourir plus souvent. Mais ce n’est pas pour autant qu’un impact se fait sentir sur leurs investissements. «Pour les produits plus complexes, les gens préfèrent voir un conseiller face à face», pointe Ingrid Ballesca. Seul un répondant sur quatre estime avoir une meilleure performance dans ses investissements en recourant à une application mobile.

Quant au montant dédié aux investissements, il s’élève en moyenne à un tiers du patrimoine des répondants. A noter toutefois qu’une personne sur quatre dit ne pas investir du tout.

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